institut lumière

Octobre de Sergueï Eisenstein

Octobre
De Sergueï Eisenstein

avec Vassili Nikandrov, Vladimir Popov, Boris Livanov.
Scénario de Sergueï Eisenstein, Grigori Alexandrov.
Photographie d’Edouard Tissé.
Oktiabr, URSS, 1927, 2h07, N&B

Synopsis : Le film se déroule en février 1917 à Petrograd. Il raconte la chute du Tsar Nicolas II. Cette révolution est menée par la bourgeoisie et le prolétariat alors que l’Empire russe est en crise économique car il ne peut pas suivre les coûts de la Première Guerre Mondiale. Le tsar abdique le 15 mars : c’est la fin de l’Empire russe.

La Bourgeoisie prend ensuite le pouvoir par l’intermédiaire d’un gouvernement provisoire. Puis il y a les journées de juillet : révolte des ouvriers conduite par les bolcheviks contre le gouvernement provisoire du 16 au 20 juillet à Petrograd.

Finalement les bolcheviks prennent le pouvoir en Octobre avec Lénine à leur tête.

Octobre est un film muet commandé par le pouvoir russe de l’époque pour la célébration du jubilé 1927 de la Révolution russe.

Eisenstein ne cherchait pas à reproduire exactement les événements, il réécrivait en quelque sorte l’histoire à   la gloire de Lénine et des bolchevicks.

Le tournage de celui-ci prend six mois d’un travail intensif pendant lequel 49 000 mètres de pellicules ont été utilisés.

Un premier montage de 3 800 mètres est prêt pour le 7 novembre 1927, anniversaire de la Révolution.

Octobre déplait au pouvoir en place

Mais les changements politiques en U.R.S.S. tel que l’exclusion de Trotsky du Parti et son exil forcé ont obligé Eisenstein à remanier complètement son  film. A sa sortie publique, le 14 mars 1928, toutes les scènes ou apparaissaient Trotsky ont été supprimées pour produire un nouveau montage constitué    de 2 800 mètres de pellicules.

Certains dirigeants remettent en cause les choix esthétiques du cinéaste et posent la question : « ce film peut-il être compris et donc apprécié par les masses ouvrières et surtout paysannes ? ». En d’autres termes, ce film s’inscrit-il dans la politique de « cinéfication » des campagnes ?

Et que dire de la présence tutélaire de Lénine (Image 3) et de l’absence assourdissante de Staline ?

Des acteurs non professionnels

Le réalisateur avait engagé des acteurs non professionnels pour donner à son film une apparence de vérité historique. Eisenstein avait lui-même recruté les acteurs dans les bars de Léningrad.  Ainsi, c’est un ouvrier qui joua le rôle de Lénine.

Une superproduction  

« Octobre » est en outre la première superproduction de l’histoire du cinéma  au niveau mondial. De considérables moyens sont mis à la disposition du cinéaste, comme l’annonce le pré-générique.  Des milliers de figurants, ouvriers, soldats, marins, participent au tournage de certaines scènes, telle la prise du Palais d’Hiver.

Eisenstein est autorisé à tourner dans le Palais d’Hiver ; le croiseur « Aurore » tire à nouveau depuis les quais de la Neva ; des quartiers entiers de Leningrad sont privés d’électricité pour permettre aux projecteurs d’éclairer les scènes de nuit ; on fait appel à des milliers de figurants…

Au bilan, le film aurait couté à plus de 600 000 roubles, un budget de superproduction pour l’époque.

 « Pour les scènes de masse nous avons pu disposer d’une énorme figuration. Jusqu’à 11 000 ouvriers et soldats à la fois. Pour l’assaut, l’armée leur a distribué des armes. Pour les scènes qui se passent la nuit, nous avions besoin de projecteurs très puissants et il y avait en 1927 trop peu de courant électrique à    Leningrad. On plongea dans l’obscurité presque tous les quartiers de la ville pendant plusieurs nuits afin que nous puissions éclairer notre film»  Source : Témoignage de Gregori Alexandrov,co-scénariste et assistant d’Eisenstein.

Une nouvelle notion du montage
Eisenstein s’efforce d’élever le déroulement historique en le rapportant « à des combinaisons d’émotions, non seulement par l’effet visible des plans, mais surtout grâce à des associations psychologiques déroulées en chaîne. » De là naquit une nouvelle notion du montage, le montage par associations, le but étant de fixer une situation dans son contenu émotif. Il se démarque donc du style utilisé dans Le Cuirassé Potemkine qui fit sa notoriété.

Octobre fait partie de la Rétrospective « Cinéma Russie » à L’institut Lumière

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