A L'affiche....

« Le Labyrinthe de Pan »

Mardi 10 juillet à 22h , Place Ambroise Courtois  (Lyon 8eme) dans le cadre de L’été en cinémascope

de Guillermo Del Toro
Avec Sergi López, Maribel Verdú, Ivana Baquero, Doug Jones
Espagne. 2006, 2h

Synopsis : Espagne, 1944. Fin de la guerre. Carmen, récemment remariée, s’installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l’armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l’a préparé à affronter…

Un projet longuement mûri

Le Labyrinthe de Pan a mûri pendant près de vingt ans dans l’esprit de Guiilermo Del Toro,  qui avait en tête un film bien différent à l’origine : « À la base, le scénario du Labyrinthe de Pan ressemblait à ma toute première version de L’Echine du diable, et aurait dû être mon tout premier film si j’avais réussi à trouver le budget nécessaire pour le réaliser à l’époque, raconte Guillermo Del Toro. Il y était question de la révolution espagnole et l’histoire parlait d’une jeune femme enceinte qui rejoignait son mari dans une maison restaurée par ce dernier. En visitant la demeure, la future mère découvrait un jardin en forme de labyrinthe, où elle croisait un satyre. Elle faisait l’amour avec la bête qui lui proposait de sacrifier son enfant pour que le labyrinthe puisse fleurir. Si la femme avait accepté, elle aurait vécu pour l’éternité aux côtés du satyre. Même si au final, des ressemblances demeurent, la nouvelle version du Labyrinthe de Pan est malgré tout très différente, mon côté sentimental ayant finalement pris le dessus. »

A travers le prisme du fantastique, le Labyrinthe de Pan aborde le thème du fascisme

Située quelques années après L’Echine du diable, l’histoire du Labyrinthe de Pan aborde elle aussi le thème du fascisme à travers le prisme du fantastique : « À mes yeux, le fascisme est une représentation de l’horreur ultime et c’est en ce sens un concept idéal pour raconter un conte de fées destiné aux adultes, explique Guillermo Del Toro. Car le fascisme est avant tout une forme de perversion de l’innocence, et donc de l’enfance. Pour moi, le fascisme représente en quelque sorte la mort de l’âme car il vous force à faire des choix douloureux et laisse une trace indélébile au plus profond de ceux qui l’ont vécu. C’est d’ailleurs pour cette raison que le véritable “monstre” du film est le Capitaine Vidal, qui est incarné à l’écran par  Sergi Lopez. Un monstre bien réel comparé à ceux qui évoluent dans le labyrinthe. Le fascisme vous consume à petit feu, pas forcément physiquement, mais au moins spirituellement. »

 Trente quatre décors différents et des influences picturales fortes

Parmi les multiples sources d’inspirations qui ont façonné l’univers du Labyrinthe de Pan, Guillermo Del Toro évoque avant tout le peintre Francisco Goya dont le tableau représentant Saturne dévorant son fils a fortement inspiré l’inquiétante créature du « Pale Man ». Le dessinateur Arthur Rackham est également présenté comme une forte référence pour le cinéaste.

De la maison de Vidal au labyrinthe de Pan en passant par l’antre du « Pale Man », près de trente-quatre décors différents ont été réalisés pour les besoins du film.

Doug Jones, Sergi Lopez

Sous le costume de Pan et du « Pale Man » se cache l’acteur Doug Jones. Il n’est pas inconnu des fans de Guillermo Del Toro puisqu’il avait déjà porté un autre costume, celui de Abe Sapien dans Hellboy.

Voici ce que dit Sergi Lopez à propos du rôle du Capitaine Vidal : « Quand un scénario et les dialogues sont bien écrits, quand l’histoire nous prend par la main et quand le rôle est bien défini, c’est assez facile de construire le personnage. Nous avons aussi travaillé avec un ami militaire qui nous a donné quelques indications. C’était très agréable de jouer ce personnage. C’était comme de jouer le grand méchant loup dans « Le Petit Chaperon Rouge ».« 

Le tournage du du Labyrinthe de Pan  s’est éEtalé sur près de douze semaines.

Le Labyrinthe de Pan et les critiques

« C‘est sans doute une des plus belles choses qui soit arrivé au cinéma cette année. (…) un chef d’oeuvre (…) Le labyrinthe de Pan aurait fait une magnifique palme d’or » Mathieu Beaudou de Brazil

« L‘élégance du film de Guillermo del Toro ne réside pas seulement dans son refus d’accorder une toute-puissance à la fantaisie pure. Elle réside dans l’inspiration dont témoigne la beauté plastique du film et dans l’invention sidérante qu’expriment les silhouettes formidables et effrayantes qui le peuplent. » Jean François Rauger, Le Monde

« (…) Le Labyrinthe de Pan est avant tout un conte de fée pour adultes, un vivace plaidoyer contre le fascisme qui trouve son écho dans une poignée de scènes dont la violence est d’autant plus insoutenable qu’elle est réaliste. » Gilles Penso, L’écran Fantastique

Un film à la beauté et à l’imaginaire époustouflants, un chef-d’oeuvre d’une beauté rare.

 Présenté à Cannes

Le Labyrinthe de Pan a été présenté en Sélection Officielle en compétition au festival de Cannes 2006. Malgré un accueil favorable, le film n’a pas été récompensé par le Jury présidé par Wong Kar-Wai.

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