institut lumière

« La Soupe au Canard » de Leo McCarey

Mardi 31 juillet à 21h30, Place Ambroise Courtois (Lyon 8ème), dans le cadre de L’été en Cinémascope organisé par L’institut Lumière

Réalisé par Leo McCarey
Avec Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx, Margaret Dumont, Louis Calhern
USA – 1933 – 68 mn
Titre original : Duck soup
Date de sortie : 9 avril 1934

Synopsis : Les caisses de la Freedonie sont à leur niveau le plus bas. Une fois de plus le Conseil des ministres fait appel à la richissisme Mme Teasdale qui accepte à une condition : que le gouvernement se dote d’un nouveau chef, Rufus T. Firefly.

En Sylvanie, pays voisin qui convoite la Freedonie, la nouvelle est accueillie avec mauvaise humeur. Trentino, ambassadeur en Freedonie, courtise Mme Teasdale mais celle-ci est entichée de Firefly.

Trentino engage deux espions, Pinky qui est le chauffeur de Firefly et Chicolini, et leur assigne pour mission de discréditer son rival.

La Soupe au canard (Duck Soup) est le dernier film des Marx Brothers produit par la Paramount. 

Peu après le succès de Plumes de cheval, une refonte totale de la Paramount fait redouter aux Marx Brothers le non-respect des termes de leur contrat. Les frères craignent surtout de ne pas percevoir les recettes promises : une dispute éclate. Avant le tournage de La Soupe Canard, les Marx Brothers menacent de monter une société de production indépendante sous le nom de Marx Bros. Inc., et de partir avec le script de leur nouveau film. Finalement, le film est bien produit par la Paramount, mais il s’agira de leur dernière collaboration avec elle.

 En 1933, les Marx Brothers tournent donc La Soupe au canard, qui est aussi le dernier film avec Zeppo.

Le studio fait appel à un réalisateur déjà très en vogue à cette époque : Leo McCarey, qui a travaillé, notamment, avec Laurel et Hardy et Tod Browning. L’histoire se déroule dans un pays imaginaire, le royaume de Freedonia, en guerre contre un autre petit pays d’Europe, imaginaire aussi, appelé Sylvania. La veuve de l’ancien président de la Freedonia, Mrs Teasdale, interprétée par Margaret Dumont, décide de faire appel aux services d’un certain Rufus T. Firefly, qui n’est autre que Groucho, pour tenter de rétablir l’équilibre du pays. Ce dernier s’empresse de lui faire la cour, mais il a un rival : Trentino, l’ambassadeur de Sylvania qui a engagé deux espions, Pinky et Chicolini, derrière lesquels on reconnaît Harpo et Chico.

On peut noter, parmi les scènes marquantes du film, celle dite « du miroir » : Chico, Harpo et Groucho, tous trois en chemise et bonnet de nuit, apparaissent ensemble à l’écran portant les sourcils, les moustaches et le cigare ordinairement caractéristiques du costume de Groucho. Les effets comiques de cette scène jouent sur la ressemblance visuelle frappante entre les trois frères, et sur le décalage créé par la conservation du mutisme de Harpo et de l’accent italien de Chico.

 La soupe au canard est un film antifasciste, antimilitariste, le seul de leur filmographie. Ce film fut d’ailleurs interdit en Italie par Mussolini. En se servant du comique absurde, burlesque les Marx passent en revue et ridiculisent le pouvoir, la diplomatie. En se servant du comique burlesque, les Marx passent en revue et ridiculisent le pouvoir, la diplomatie, l’héroïsme, la guerre. Groucho excelle dans la peau de Firefly, dictateur aux décisions absurdes, va-t-en guerre, qui tire par erreur sur ses propres troupes et corrompt ses soldats. Jamais les frères Marx ne furent aussi fondamentalement virulents. La pauvre Margaret Dumont croule d’emblée sous les lazzi de Groucho, mais les meilleures crasses vont à l’odieux Trentino, et surtout à Edgar Kennedy qui apprend à ses dépens qu’il est rigoureusement impossible de vendre de la limonade quand Chico et Harpo font, à quelques pas, le commerce des cacahuètes (« Peanuts ») ! La critique furieuse de la guerre, de la politique et de la justice parferont l’image anarchiste du groupe et contribueront à l’éternelle cote d’amour d’un film qui, dès 1933 (!), s’affirmait antimunichois – remarquable analyse concrète de la situation. La folie, la méchanceté et la démesure viennent d’abord du burlesque, du cirque et du vaudeville. Le résultat est d’autant plus convaincant que les numéros musicaux n’interrompent pas l’action, mais la rendent plus délirante encore. La soupe au canard est aussi le film où la moto d’un side-car part toute seule (avant que ce ne soit l’inverse), où les clowns retrouvent le plaisir du miroir brisé et les artistes du music-hall celui des situations tarabiscotées. L’intrigue n’est qu’un prétexte, comme dans la plupart des films des Marx, pour laisser libre court à un humour ravageur, déjanté, délirant, sans queue ni tête, surréaliste.

La soupe au canard, dont il ne faut absolument pas chercher la signification du titre, est drôle, irrésistiblement drôle. Un chef-d’œuvre du cinéma burlesque, à ne pas manquer.

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