Mélodie pour un tueur de James Toback

Mélodie pour un tueur (Fingers)
De James Toback
Avec Harvey Keitel, Tisa Farrow, Jim Brown
USA, 1978 – 1h31
Date de sortie : 23 aôut 1978
Date de reprise : 6 juin 2012  – Version restaurée

Vous pouvez consulter les horaires des séances à Lyon et dans sa périphérie : ici 

Synopsis :
Jimmy Fingers vit entre deux mondes. Dans l’un, c’est un pianiste amateur aux grandes ambitions. Dans l’autre, c’est un brutal recouvreur de dettes qui officie pour le compte de son père, un redoutable mafieux. Jimmy est divisé et ses deux existences vont finir par s’entrechoquer…

 Mélodie pour un tueur un film du Nouvel Hollywood

 Mélodie pour un tueur s’inscrit  dans « la queue de la comète du Nouvel Hollywood » pour reprendre l’expression de Jacques Audiard qui en en fait le remake « De battre, mon cœur s’est arrété ».

Mélodie pour un tueurest un film urbain dans lequel des personnages angoissés, violents, sexuellement agressifs courent à leur perte dans un univers hostile et paranoïaque, reflet de l’Amérique de cette époque. Harvey Keitel y réendosse un rôle proche de celui du gangster malgré lui, en recherche d’une possible rédemption, qu’il tenait dans Mean Streets (1973) de Martin Scorsese. Dans Mélodie pour un tueur, il est Jimmy Angelelli, un jeune homme qui se prépare à devenir un pianiste professionnel pour concrétiser le souhait de sa mère, elle-même ancienne pianiste virtuose qui a sombré dans la folie. En attendant une audition, il travaille pour son père, un truand sans envergure, pour qui il réclame l’argent de rackets impayés. Il accepte une dernière « affaire » qui le conduit à s’en prendre à un dangereux mafieux et rencontre Carol (Tisa Farrow (5)), une prostituée, très protégée par son souteneur.

 L’essentiel du casting est tenu par des acteurs habitués du cinéma de Coppola : Michael V. Gazzo (dans le rôle du père de Jimmy), Danny Aiello et Dominic Chianese apparaissent tous les trois dans The Godfather. Part II (Le Parrain – 2ème partie) . Par ailleurs, Jim Brown, ex-star du football américain reconverti dans une carrière d’acteur depuis son rôle dans The Dirty Dozen de Robert Aldrich (Les Douze salopards, 1967) incarne le souteneur violent .

 Le filmage en extérieur dans les rues de New York, la caméra portée, les situations dramatiques poussées jusqu’à l’hystérie s’inscrivent également dans la continuité de nombreux films du Nouvel Hollywood et dans celle des films de Scorsese en particulier

 Un film difficile à produire qui a inspiré Jacques Audiard

On peut comprendre que la violence et la crudité de Mélodie pour un tueuraient déstabilisé les responsables de Fabergé qui produisaient le film. Il s’agissait d’une première expérience du fabricant d’eau de Cologne dans le domaine du cinéma et les aspects politiquement incorrects du résultat risquaient de nuire à l’image de la marque. Le film a alors bénéficié d’une aide inattendue de la part d’un des membres du conseil d’administration. En effet, l’acteur Cary Grant, alors retiré du cinéma, a défendu le film auprès des autres membres du conseil et les a convaincus de poursuivre la production en cours. Mélodie pour un tueur  obtiendra un autre soutien de poids au moment de sa sortie. François Truffaut placera le film parmi les réalisations marquantes, selon lui, sorties durant l’année.

Sorti en 1978, Mélodie pour un tueur a fait parler de lui dans le cinéma indépendant et a inspiré, plus de vingt cinq ans plus tard, le réalisateur français  Jacques Audiard. Ce dernier en a réalisé le remake, De battre mon cœur s’est arrêté, un film largement primé (César du Meilleur film).

James Toback

James Toback  a  commencé au cinéma en signant le  scénario, de The Gambler de Karel Reisz (1974).  Mélodie pour un tueur,est son deuxième scénario et son premier long métrage. Le succès du film lui a permis d’annoncer sa carrière de réalisateur atypique. S’il tourne régulièrement depuis la sortie de son premier long-métrage, les films de James Toback n’ont pourtant fait l’objet que de rares sorties en salles ou en DVD en Europe

Une première collaboration entre James Tobiack et Harvey Keitel

James Tobiack a choisi  Harvey Keitel pour interpréter le premier rôle qui porte le film. Cette première collaboration s’est renouvelée dans Surexposé et The Pick-Up Artist

Tisa Farrow

Carol, la jeune femme névrosée est jouée par Tisa Farrow, la sœur de Mia Farrow, que James Toback rencontra lorsque celle-ci conduisait un taxi à Los Angeles. Elle mit fin à sa carrière d’actrice en 1980 pour exercer le métier d’infirmière.

« Pendant tout le film (…) Jimmy se balade avec un lecteur de cassettes hurlant des tubes des années 50 (…). Cette seule idée de rendre visible à l’écran la musique du film est, déjà, un trait de génie. Ce n’est pas le seul. » – Libération

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