Tell Me Lies de Peter Brook

Invisible depuis 1968, Tell me Lies est présenté au Festival du Film Britannique de Dinard dans une version restaurée exclusive. La restauration a été effectuée par le réalisateur Peter Brook, Technicolor et la fondation Groupama Gan pour le cinéma.

Ce film est l’occasion de partir sur les traces des mouvements de protestations contre la guerre du Viêtnam et de découvrir l’approche d’un artiste, Peter Brook, qui vient questionner le spectateur sur un sujet toujours d’actualité et aux échos récents, comme l’Irak ou l’Afghanistan.

Tell me lies
Réalisé parPeter Brook
Avec Mark Jones, Pauline Munro, Robert Lloyd
GB – 1968 – 1h48
Date de reprise 10 octobre 2012 – Version restaurée

Synopsis :

Au coeur du Swinging London de 1968, au croisement de la Beat Generation de Ginsberg, des Black Panthers et de la contre-culture pop, trois jeunes anglais, horrifiés par la photo d’un enfant vietnamien blessé, essaient de comprendre la spirale de la violence de la guerre du Viêtnam et de surmonter leur sensation d’impuissance… A travers chansons, témoignages et manifestations publiques, Peter Brook signe une de ses plus grandes oeuvres : un film satirique d’une ironie dévastatrice sur l’absurdité de la guerre.

Un film méconnu

TELL ME LIES est sorti le 14 février 1968 à New York puis dans trois villes américaines et le 15 février à Londres.

Aucune personne de l’équipe du film ne se souvient précisément des conditions de sortie du film et tous sont unanimes pour dire qu’il n’y avait pas d’affiche pour cette sortie.

Le film avait été proposé pour le festival de Cannes 1968, mais il fut décidé lors d’un conseil d’administration du festival tenu le 11 mai que la programmation du film n’était pas tout à fait opportune, compte tenu du contexte de politique internationale du moment : en effet les négociations entre les Américains et les Vietnamiens venaient de démarrer à Paris, à l’invitation du Général de Gaulle après son discours de Phnom Penh en 1967. Le film avait donc été déprogrammé mais l’auteur ne se souvient pas d’en avoir été informé.

TELL ME LIES a été en Sélection officielle à la Mostra de Venise en 1968, et de surcroît avait reçu une mention spéciale du jury ainsi que le prix Buñuel, prix de la critique.

En France, le film n’est jamais sorti et n’a jamais été enregistré.  La trace d’une projection unique du film au festival de Royan en avril 1968 a été retrouvée.

Plus tard, un article écrit par Paul Schrader indique que le film était sorti aussi à Los Angeles en 1969.

Depuis, le film a peu circulé hormis quelques très rares projections dans des festivals et le plus souvent avec une copie incomplète.

La restauration du film

« En 2010, par l’intermédiaire de Jean-Claude Carrière, Peter Brook contactait les Fondations Technicolor et Groupama Gan : il les connaissait depuis le chantier des films de Pierre Etaix. Peter souhaitait retrouver la trace d’un de ses films, tourné en 1967 et sorti en 1968, TELL ME LIES. Et voir s’il était possible de le restaurer. Il ne lui restait plus qu’une copie 35mm déjà bien abîmée et, qui plus est, avec une scène manquante. Retrouver la trace de TELL ME LIES.

 « Peter n’avait aucune idée de là où nous pourrions chercher mais nous sommes repartis avec le générique du film comme seule piste… Aux termes de recherches dans les laboratoires et archives, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, nous avons pu localiser certains éléments, puis tous les éléments du film qui nous permettaient d’envisager une restauration complète du film.

 Il manquait encore cette scène à laquelle Peter Brook tenait tant. Elle fut finalement retrouvée et les travaux lancés. Mais les recherches sont allées bien au-delà. Restaurer un film est un acte singulier qui consiste à redonner vie à une oeuvre, sans pour autant trahir la volonté de l’auteur.

 Cela veut dire s’immiscer avec délicatesse dans la vie et le travail de l’auteur, pour tenter de saisir ses intentions et ses doutes, ses difficultés et ses satisfactions. Feuilleter ses carnets de tournage, ses notes, ses courriers, ses photos…Tout un chemin pour comprendre le film, avant et pendant la restauration, bien identifier le montage original, réapprendre la lumière ou le grain de l’époque, redécouvrir le son.

Nous avons découvert des trésors en cours de route et nous avons eu la chance de pouvoir mener des entretiens réguliers avec Peter Brook mais aussi avec l’équipe du film.

C’est toutes ces richesses que nous avons souhaité partager avec vous dans ce projet de restauration ». Source fondation Groupama.

Le film restauré et les festivals

TELL ME LIES est présenté à la 69ème Mostra de Venise 2012 et au festival du film britannique de Dinard 2012.

 Peter Brook

Peter Brook est né à Londres en 1925. Il est marié avec la comédienne Natasha Parry et a une fille, Irina (metteur en scène au théâtre) et un garçon, Simon (metteur en scène au cinéma et scénariste).

Tout au long de sa carrière Peter Brook s’est distingué dans différents genres, théâtre, opéra, cinéma et écriture. Il a mis en scène de nombreux textes de Shakespeare pour le Royal Shakespeare Company :  Peine d’amour perdu (1946), Romeo et Juliette (1947), Mesure pour Mesure (1950), Conte d’Hiver (1951), Titus Andronicus (1955), Hamlet (1955),, La Tempête (1957), Le Roi Lear (1962), Le Songe d’une nuit d’été (1970/72), Antoine et Cléopâtre (1978) .

A Paris en 1971, Peter Brook et Micheline Rozan fondent le Centre International de Recherche Théâtral (CIRT), lequel devient lors de l’ouverture des Bouffes du Nord le Centre International de Création Théâtral (CICT). Ses productions se remarquent par leurs aspects iconoclastes et leurs envergures internationales : Timon d’Athènes, Les Iks, Ubu aux Bouffes, Mesure pour Mesure, La conférence des oiseaux, L’Os, La Cerisaie, Le Mahabharata, Woza Albert !, La Tempête, Impression de Peléas, L’Homme qui, Qui est là, Les Beaux jours, Je suis un Phénomène, Le Costume, The Tragedy of Hamlet, Far Away, La Tragédie d’Hamlet, La Mort de Krishna, Ta main dans la mienne, Le Grand Inquisiteur,Sizwe Banzi, Tierno Bokar, Fragments, Love is My Sin, 11 and 12 et The Suit.

Il a monté plusieurs opéras, La Bohème, Boris Godounov, Les Olympes, Salomé et Les Noces de Figaro au Covent Garden de Londres, Faust et Eugène Onegin au Métropolitan de New York, La Tragédie de Carmen, Impressions de Pélleas et La Flute Enchantée au Théâtre des Bouffes du Nord et Don Giovanni pour le festival d’Aix en Provence.

Ses livres principaux sont L’Espace vide, Points de Suspension, Le Diable c’est l’Ennui, Avec Shakespeare et Oublier le Temps.

Parmi ses films : The Beggar’s Opera, Sa Majesté des Mouches, Marat-Sade, Le Roi Lear, Moderato Cantabile, Le Mahabharata et Rencontres avec des Hommes Remarquables.

A découvrir; en librairie édité par Capricci, le livre entretien de Séverine Wemaere et Gilles Duval avec des interviews de Peter Brook, Robert Lloyd, Glenda Jackson, Costa Gavras….

Vous pouvez consulter la présentation du film : ici

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