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Au cinéma Opéra : Le train de John Frankenheimer

Le train

Le train
Réalisé par John Frankenheimer
Avec Burt Lancaster, Paul Scofield, Jeanne Moreau

USA/France/Italie, 1964, 2h13
Date de sortie 30 septembre 1964

Date de reprise 15 août 2012


Consulter les horaires des séances au cinéma Opéra : ici

Synopsis : En 1944, le Colonel von Waldheim fait évacuer des tableaux de maîtres du Jeu de Paume pour les envoyer en Allemagne. Labiche, un cheminot résistant, est chargé de conduire le train transportant ces objets d’art.

A propos du film

 Avant que John Frankenheimer ne prenne les commandes du Prisonnier d’Alcatraz, la réalisation du projet fut confiée au Britannique Charles Crichton. Pourtant, après plusieurs semaines de tournage, il fut limogé par Burt Lancaster, alors insatisfait du « bout-à-bout », la première version du montage. John Frankenheimer, qui avait dirigé le comédien peu de temps auparavant dans Le temps du châtiment, le remplaça au pied levé. Toutefois, ses relations avec l’acteur-producteur ne furent pas toujours au beau fixe, et après un premier montage du film, ce dernier décida de recommencer la totalité du tournage… Producteur affirmé, Burt Lancaster agira de même en 1964 sur Le Train, et remplacera le réalisateur Arthur Penn par  John Frankenheimer.

 John Frankenheimer voulait que Le Train soit le plus réaliste possible : « Il n’y pas de ruse dans ce film. Quand les trains entrent en collision, ce sont de véritables trains. Il n’y a aucun substitut à la réalité« . La scène où les deux locomotives entrent en collision a été tournée à Acquigny et nécessita de grandes précautions et une bonne assurance. Une seule prise étant possible, sept caméras furent utilisées.

 Burt Lancaster fut gravement blessé à la jambe lors du tournage. Mais au lieu de retarder la production, il décida de rajouter une scène où il se faisait tirer dessus par les nazis, se blessant ainsi à la jambe. Il tourna également tout de suite après la scène finale du Train, où il boite.

Le conservateur du musée du Jeu de Paume au moment de la guerre était en réalité Rose Valland, soit Mlle Villard dans le film, interprétée par Suzanne Flon. Le Train est d’ailleurs inspiré de son roman Le front de l’art: défense des collections françaises, 1939-1945.

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Une erreur historique

Le film commet une erreur du point de vue historique en mettant en scène les gares lorraines de Moselle sous leur nom français (Metz, Saint-Avold…) et comme partie du territoire administré par la France (alors que la Moselle est annexée par l’Allemagne). Il place la frontière entre la Moselle et la Sarre alors qu’elle se trouvait entre Pagny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) et Novéant (Moselle). De même, le train continue de rouler à gauche (entrée en fausse gare de Saint-Avold) alors qu’en Alsace-Moselle (ex-« Alsace-Lorraine ») la circulation s’est toujours faite à l’allemande (à droite) depuis l’Annexion de 1871.

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 Les principaux lieux de tournage

 Les principales scènes ferroviaires furent tournées à Argenteuil-triage, St-Ouen les docks, la Glacière-Gentilly, Vaires-Torcy, Gargenville, et Acquigny.

La scène de bombardement pendant lequel Papa Boule réussit à sortir son train, est tournée à Vaires. À cette occasion, un poste d’aiguillage fut reconstruit spécialement sous forme d’un décor et cela permet de le voir pulvérisé par une bombe. Pour continuer la suite du bombardement de la gare de Vaires, les scènes de destruction les plus importantes furent tournées dans l’ancien triage de Gargenville. Plus de 50 personnes sous les ordres de Lee Zavitz ont préparé pendant six semaines les explosifs qui ont tous explosé en moins d’une minute.

La première gare supposée être en en Allemagne (Zweibrücken) où le convoi passe est l’ancienne gare de Provins qui, à l’époque, était en bois.

La scène des viaducs et du tunnel lors de l’attaque aérienne du train fut tournée à Moulineaux en Seine-Maritime, sur la ligne qui traverse la forêt de La Londe.

D’autres scènes furent également tournées en Normandie, dans la région d’Acquigny et Autheuil-Authouillet dans la vallée d’Eure (Eure) notamment la scène où Burt Lancaster (en fait un cascadeur de l’équipe de Claude Carliez, du nom de Jean Chardonneaux) escalade les flancs abrupts d’une colline dominant la voie.

L’impressionnante scène de télescopage entre deux trains, fut tournée en gare d’Acquigny à l’aide de sept caméras, dont trois furent détruites accidentellement à cette occasion.

Burt Lancaster producteur

Comédien légendaire, Burt Lancaster est également un producteur avisé. Après à peine 4 années de comédie, il se lance dans la production en créant sa propre compagnie, Norma Productions. On lui doit notamment les productions de La Flèche et le flambeau (1950), Marty (1955), Trapèze (1956), Le Grand Chantage (1957), Le Vent de la plaine en 1960, Le Prisonnier d’Alcatraz (1962), Fureur apache (1972) ou encore Un Flic se rebiffe (1974 – également réalisateur). A l’exception de Marty, Burt Lancaster tenait la vedette de chacun de ces films. Par ailleurs, il est intéressant de noter que Burt Lancaster a tourné une partie des scènes du Corsaire rouge (1952).

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 Fiche technique

• Titre : Le Train

• Titre original : The Train

• Réalisation : John Frankenheimer et Bernard Farrel

• Scénario : Franklin Coen et Frank Davis, et Walter Bernstein (non-crédité), d’après le livre Le Front de l’art de Rose Valland

• Production : Jules Bricken pour United Artists (USA) ; Bernard Farrel pour Les Productions Artistes Associés (France)

• Musique : Maurice Jarre

• Photographie : Jean Tournier et Walter Wottitz

• Montage : David Bretherton

• Budget : 6 700 000 $ (estimation)

• Langue : anglais, allemand

• Format : Noir et blanc – 1,66:1 – Mono – 35 mm

• Genre : Guerre

• Durée : 133 minutes

 Date de sortie : 30 septembre 1964 (France), 7 mars 1965 (USA)

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Distribution

• Burt Lancaster : Paul Labiche (V.F : Marcel Bozzuffi)

• Paul Scofield : colonel von Waldheim

• Jeanne Moreau : Christine

• Suzanne Flon : Mlle Villard

• Michel Simon : Papa Boule

• Wolfgang Preiss : commandant Herren

• Albert Rémy : Didont (chauffeur)

• Charles Millot : Pesquet (chauffeur)

• Richard Münch : général von Libitz

• Jacques Marin : Jacques, le chef de gare de Rive-Reine

• Paul Bonifas : Spinet

• Jean Bouchaud : capitaine Schmidt

• Donald O’Brien : sergent Schwartz

• Jean-Pierre Zola : Octave

• Arthur Brauss : Pilzer

• Jean-Claude Bercq : major (unité motorisée allemande)

• Howard Vernon : Dietrich

• Michel Tureau : Un résistant déguisé en soldat allemand sur un quai de gare.

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