Au cinéma Opéra, trois films du suèdois Bo Widerberg

BO Winderberg

Parallèlement à la rétrospective Bergman à l’Institut Lumière, le cinéma Opéra permet de découvrir un autre cinéaste suédois moins  connu mais tout aussi intéressant. Bo Widerberg. Ce dernier est considéré comme le chef de file de la Nouvelle Vague suèdoise des années 60/70.

Trois films parmi les meilleurs du grand réalisateur suédois sont à l’affiche : Le Péché suédois (1963) , Elvira Madigan (1967, Adalen (1969)

La vison de Elvira Madigan, la semaine dernière,  fut  pour une bonne surprise. Ce drame romantique est remarquablement filmé. On notera un éclairage impeccable et de magnifiques images

Les projections ont lieu  Impasse St Polycarpe 69001 Lyon.
Consultez les horaires des séances ici

Adalen 31 (1969-1h54)

Adalen-311931. A Adalen,au nord de la Suède, la grève a débuté depuis 93 jours. Kjell Andersson,fils d’un docker, s’éprend d’Anna, la fille d’un directeur d’usine. La revendication se durcit quand les patrons font appel à des Jaunes, des ouvriers d’autres provinces, pour faire le travail des grévistes. L’armée arrive en ville pour faire respecter l’ordre, et le ton monte. Pendant ce temps, à l’insu des parents, Kjell et Anna sont emportés par leurs sentiments.

 Bo Widerberg fait des films combinant réalité sociale et récits intimes. Pour François Maurin, « si Ådalen 31 bénéficie de belles couleurs (en hommage à Renoir, le peintre), il n’en est pas moins fidèle à cet esprit. Car ici, le respect du réel et le talent se conjuguent pour restituer une belle page de l’histoire du mouvement ouvrier suédois. »(L’Humanité).

Le film recevra le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 1969 présidé par Luchino Visconti.

Elvira Madigan (1967-1h30)

Elvira-madigan1889. Un lieutenant de l’armée suédoise d’origine noble, le comte Sixten Sparre, a déserté pour s’enfuir avec une célèbre danseuse de corde, la belle Elvira Madigan. Un amour fou les enflamme et chacun abandonne ses devoirs, elle le cirque, ses amis et son public, lui, sa femme, ses enfants et l’armée. Ils fuient bientôt leur pays pour trouver refuge dans la campagne danoise, où ils vivent un bonheur intense. Mais l’hostilité à leur liaison illégitime et la précarité de leur vie devient pesante…

Bo Widerberg adapte ici un fait divers tragique très connu en Suède. Elvira Madigan est une pastorale simple et belle : le paysage bucolique, magnifiquement filmé et éclairé, rappelle les toiles des impressionnistes, tandis que le concerto pour piano n°21 de Mozart en devient la trame musicale et souligne délicatement la fantaisie amoureuse. Peu bavard, le film se concentre sur les gestes des amants, sur des éclats d’un bonheur éphémère et intense au milieu de la nature.

Pia Degermark reçut le prix d’interprétation féminine à Cannes en 1967 et le film connut un grand succès en Europe et aux Etats-Unis.

Le péché suédois (1963-1h35)

Le-peche-suedoisEn suède, dans les années 50. Britt Larsson, jeune femme, ouvrière d’usine, fait la connaissance de Björn, d’origine bourgeoise, cultivé mais compliqué, qui disparaît aussitôt. Elle rencontre ensuite Robban, jeune guitariste et chanteur, brouillon mais touchant, dont elle tombe enceinte. Elle décide de garder l’enfant. Ils partagent un appartement, mais leur ‘couple’ ne tient pas le choc…

« Le Péché suédois est le premier film de Bo Widerberg, réalisé dans la foulée de la publication de Regards sur le cinéma suédois, son virulent pamphlet contre le snobisme du cinéma suédois. L’influence formelle de la Nouvelle Vague et de Shadows de John Cassavetes est très perceptible dans les déambulations nocturnes des personnages et la spontanéité des dialogues. Sur le fond, on retrouve un thème cher à Widerberg : les luttes de la classe ouvrière, ici en l’occurrence la soif de liberté qui anime Britt, sur fond de rock’n’roll naissant. Malgré un début un peu brouillon, on est vite happé par le charme de ce film, qui repose largement sur la fraîcheur de ses interprètes. Une scène d’une admirable délicatesse cristallise la beauté du Péché suédois : celle où Britt découvre Vivaldi à la Bibliothèque municipale en compagnie de Björn. » Festival  Premiers Plans d’Angers

Bo Widerberg

BO witerbergBo Widerberg (1930-1997) fait une entrée fracassante dans le monde du cinéma en écrivant en 1962 Visions du cinéma suédois, livre dans lequel il fustige un cinéma suédois qu’il juge rigide et élitiste. Fidèle à cette profession de foi, il réalise des films humanistes centrés sur la vie quotidienne (Le Péché suédoisLe Quartier du corbeau) et les luttes de la classe ouvrière (Ådalen 31). Plus tardivement, il fera, avec succès, des incursions dans le drame historique (Elvira Madigan) ou le polar (Un flic sur le toit), en conservant le même ton libre et spontané qui avait fait de lui le chef de file de la nouvelle vague suédoise.

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