A (Re)découvrir

Othello de Orson Welles

Othello

Othello
De Orson Welles
Avec Orson Welles, Micheal Macliammoir
Etats-Unis. 1952 – 1h33. N&B. 
Copie neuve restaurée.

Consulter les horaires du film à Lyon et dans sa région : ici

Synopsis

À Venise, des noces ont lieu en secret entre le Maure Othello, général vénitien estimé par ses pairs, et la belle Desdémone. Au fond de l’église, deux hommes se tiennent en retrait : Roderigo, amoureux éperdu de Desdémone et Iago, l’officier d’Othello qui voue à son supérieur une haine incommensurable, et résolu à détruire le bonheur des jeunes mariés en s’employant à manipuler leur entourage…

A propos du film

En homme de théâtre, Orson Welles se passionna pour Shakespeare bien avant de se faire réalisateur. Dès 1934, en plein Off-Broadway, on le retrouve au casting de Roméo et Juliette, d’abord au Martin Beck Theatre à travers le pays lors d’une tournée nationale. En 1939, il produit Les Cinq Rois, refonte de plusieurs pièces du poète élisabéthain. Othello marque cependant sa consécration théâtrale et lui permet de monter par la suite plusieurs pièces shakespeariennes avec l’aide de Laurence Olivier. Il avait pourtant déjà porté une oeuvre du maître à l’écran, avec MacBeth, en 1948.

Un chef d’oeuvre difficile à réaliser

Peu après la sortie de Macbeth en 1948, le réalisateur américain Orson Welles (Citizen KaneLa Soif du mal) décide d’adapter une nouvelle pièce de Shakespeare, Othello. Le tournage de ce film sera semé d’embûches, entre abandon du producteur initial, changements imprévus de comédiens et difficultés financières contraignant le cinéaste à interrompre plusieurs fois un tournage qui s’étala sur plus de trois ans. Le cinéaste alla même jusqu’à utiliser la globalité de ses cachets touchés pour Le troisième homme et Échec à Borgia pour financer son adaptation shakespearienne.. 

Il en résulte une adaptation stupéfiante de la tragédie shakespearienne, d’une beauté visuelle à couper le souffle : l’acteur-réalisateur, épaulé par le célèbre décorateur Alexandre Trauner, magnifie chaque plan de son Othello en jouant habilement sur les contrastes entre ombre et lumière. Orson Welles déploie ici tout son talent en réalisant un chef-d’oeuvre à l’esthétique incomparable, très justement récompensé par le Grand Prix au Festival de Cannes de 1952. 

Adapter Shakespeare
L’oeuvre de William Shakespeare est unanimement considérée comme l’un des monuments de la culture anglo-saxonne. De nombreuses adaptations cinématographiques de ses pièces ont vu le jour, telles le Hamlet de Laurence Olivier (1948) ou West Side Story de Robert Wise et Jerome Robbins d’après Roméo et Juliette. Orson Welles lui-même puisa volontiers dans le répertoire du célèbre dramaturge anglais en adaptant trois de ses pièces : Macbeth en 1948, Othello en 1952 et Falstaff en 1966 (mélangeant diverses oeuvres de Shakespeare dont Henry IV et Richard II). Pour cette deuxième adaptation, Welles s’approprie le texte originel pour en offrir une lecture personnelle, optant pour une mise en scène des plus inventives, à l’esthétique baroque. Il prend la liberté de commencer l’action par la fin de la pièce pour enchaîner sur un flashback que constituera tout le reste du film. Loin de peser sur le résultat, les conditions précaires du tournage participent à la création d’une atmosphère d’oppression, proche de la folie : Othello chez Welles est cet étranger fantasque qui, peu à peu, est entraîné dans une spirale infernale mise en place par l’infâme Iago.

Un projet chaotique
Le tournage d’Othello est réputé pour son côté rocambolesque. Le projet voit le jour en septembre 1948 mais ne sera véritablement abouti qu’en mai 1952 – date de la présentation du film à Cannes. Entretemps, de nombreux acteurs se seront succédés pour incarner certains personnages. Il n’y eut pas moins de trois Desdémone : le rôle a d’abord été confié à la fiancée de l’époque de Welles, Lea Padovani, puis à l’Américaine Betsy Blair, pour finalement revenir à la Canadienne Suzanne Cloutier. L’acteur américain Everett Sloane devait également incarner Iago avant que Welles ne décide de le confier au Britannique Micheál MacLiammóir. Le tournage se partagea entre l’Italie et le Maroc. Le manque de moyens financiers contraignit le réalisateur à tourner pour la majeure partie en extérieur et à opter pour des panoramiques resserrés et des plans rapprochés pour limiter les risques de dépassement de budget. En effet, Welles dut en grande partie auto-financer son film, notamment grâce à ses cachets d’acteur sur La Rose noire et Le Troisième Homme, ce qui l’obligea à faire de nombreuses pauses, faute d’argent. Quant au montage, celui-ci dura presque deux ans : la grande difficulté consista alors à raccorder toutes les séquences filmées dans une multitude d’endroits différents, défi que Welles releva haut la main.
Les versions d’Othello
Il existe différentes versions d’Othello : celle présentée à Cannes en 1952 qui est ensuite montrée à travers l’Europe, puis une deuxième version qui sort aux États-Unis en 1955. Entretemps, Welles retouche au montage initial de son film en recourant notamment à la postsynchronisation – il intervertit par exemple certaines répliques, réenregistre un dialogue entre Othello et Desdémone. Une dernière version voit le jour en 1992 avec l’aval de Beatrice Welles-Smith, la troisième fille du cinéaste. Un travail complet de restauration est alors entrepris à partir du négatif original et rectifie le mixage et le montage sonore de la version de 1955, en la conformant aux nouvelles techniques des années 1990. Bien que parfois contestée, cette initiative permet de redonner à l’image toute sa splendeur d’origine et de pallier aux multiples problèmes sonores de la version anglo-saxonne – la bande son était souvent très peu audible. C’est cette version qui a fait l’objet de la restauration numérique à 2K début 2014.
Source Carlotta Films (http://carlottavod.com)

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Fiche technique

  • Réalisation : Orson WELLES
  • Scénario : Orson WELLES, d’après l’oeuvre de William SHAKESPEARE
  • Avec : Orson WELLES, Micheál MACLIAMMÓIR Suzanne CLOUTIER, Robert COOTE, Fay COMPTON Michael LAURENCE, Doris DOWLING
  • Musique : Francesco LAVAGNINO et Alberto BARBERIS dirigée par Willy FERRERO
  • Directeurs de la photographie : Anchisi BRIZZI, G.R. ALDO et George FANTO
  • Décors : Alexandre TRAUNER
  • Costumes : Maria de MATTEIS
  • Montage : John SHEPRIDGE, Jean SACHA, Renzo LUCIDI et William MORTON
  • Producteurs : Orson WELLES
  • Une restauration produite par Donald LEIBSKER et Edward STONE
    dirigée par Michael DAWSON et Arnie SAKS

 

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