A partir du 30 juillet 2014, au cinéma Comoedia : Lions Love (…and lies)

A partir du mercredi 30 juillet, au cinéma Comoedia, Rétrospective « AGNES VARDA IN CALIFORNIA ».Il s’agit de 5 films réalisés par Agnès Varda aux Etats Unis qui ressortent en salles, en version restaurée. Lions Love (…and lies)  a été réalisé pendant le premier séjour d’Agnès Varda aux Etats-Unis (1967-1970)

Toutes les informations pratiques sur : http://www.cinema-comoedia.com/

Lions Love

Lions Love (…and lies) 
De Agnès Varda
Avec Viva!, Jerry Ragni, Jim Rado, Shirley Clarke
France / Etats-Unis, 1969 – 1h50
Date de reprise : 30 juillet 2014 Copie neuve restaurée.
Interdit aux moins de 12 ans.

Synopsis

Trois acteurs – Viva, Jim, Jerry sur le chemin de la  » staricité  » et sur celui non moins difficile de la maturité – vivent dans une maison louée sur une colline de Hollywood. Ils ont tous les trois des crinières de lion. Ils vont vivre à leur façon l’assassinat de Robert Kennedy à travers ce que la télévision en montre, alors que leurs amis ont d’autres problèmes. Le poste de télévision est aussi une star du film.

Jamais diffusé à la télévision, Lions Love est l’un des films les plus rares d’Agnès Varda puisqu’il n’est pas resté longtemps sur les écrans et a eu tendance à passer étrangement inaperçu dans la filmographie de la réalisatrice: « J’ai essayé de comprendre ce que je voyais de l’Amérique. Vu de France, le film a une drôle d’allure. Il est complètement exotique et un peu incompréhensible aux Français qui ont toujours beaucoup critiqué le phénomène hippie sans jamais essayer de le comprendre», explique-t-elle avec du recul.

Lions Love1

A propos du film

Alors que la majorité de ses confrères apprentis-cinéastes est à Paris dans l’effervescence de la « révolution », Agnès Varda est à Los Angeles où elle accompagne Jacques Demy, venu tourner Model Shop pour la Columbia. Installée au sein d’un hôtel de luxe, elle met  en place ce projet sur la culture « flower power » qui souffle sur le monde. Et elle profite de son environnement puisque le tournage s’est effectué à Los Angeles sur son lieu villégiature !

 A l’origine, Agnès Varda voulait que Jim Morrison tienne le premier rôle masculin de Lions Love mais ce dernier aurait décliné la proposition. Néanmoins, de passage sur le tournage pour rencontrer la production, le leader des Doors figure dans la scène d’ouverture du film, mais n’a pas été crédité au générique.

Pour sa fiction hippie, Agnès Varda a choisi un trio d’acteurs composé d’icônes emblématiques de la culture américaine des années 70. On y retrouve l’actrice américaine Viva, qui n’était autre que la muse d’Andy Wharol, puis Jim Rado et Gerome Ragni, les auteurs de la comédie musicale à succès « Hair ».

Les dialogues du film ont en grande partie été dus au hasard. En effet, rien n’a été écrit à l’avance et c’est le quotidien de chacun qui a servi de base de travail à Agnès Varda : « Pour chaque scène, j’avais écrit dix lignes de dialogues. C’est la première fois que j’écrivais en anglais. J’ai voulu que les acteurs travaillent sans scénario. Viva, Jim et Jerry répétaient une heure au magnétophone, disaient tout ce qui leur passait par la tête. Je retenais deux pages du meilleur que je leur donnais à lire une fois, vingt-quatre heures avant le tournage », explique la cinéaste.

L’époque est celle de la libération des nouvelles expériences notamment liées à la drogue. Le tournage correspond bien à l’image qu’on pourrait en avoir aujourd’hui, comme en témoigne la réalisatrice : « Avec Viva, ils fumaient de l’herbe et aussitôt après se déshabillaient complètement, circulant à poil et sans raison parmi les fils électriques. L’équipe aussi fumait pas mal. Tous travaillaient à côté de leurs pompes, dans les vaps. »

Le mot d’Agnès Varda

« Les trois acteurs avaient été posés là pour imiter un dessin de Picasso de la série Vollard. Et j’entrais dans l’image avec une fausse caméra (un prospectus de caméra collé sur carton). Je circulais dans un tableau vivant de faux-semblants. Une vraie caméra cependant filmait ce petit cirque allégorique. La nudité était une des revendications de l’époque. Ils fumaient de l’herbe et aussitôt après se déshabillaient complètement, circulant à poil et sans raison parmi les fils électriques, les rails du travelling et les éléments du décor. L’équipe aussi fumait pas mal. Tous travaillaient à côté de leurs pompes, dans les vaps, etc. Let it be ! comme chantait l’autre. Viva!, rescapée d’un pensionnat catholique, avait perdu jusqu’aux dernières traces d’inhibitions. Elle était la fantaisie même, le caprice, et la grâce. Un jour, en plein tournage, elle se mit à déchirer sa fameuse robe verte en mousseline des années 20 et la jeta dans la piscine. Fin de la robe et raccords impossibles ! » Agnès VARDA, Varda par Agnès aux éditions des Cahiers du Cinéma, 1994.

A propos du titre 

Le titre original était Lions Love and Lies (Lions, Amours et Mensonges), mais les acteurs l’ont trouvé trop long et trop explicite. C’est parce que le clapman écrivait toujours Lions Love que ce titre est resté. Agnès Varda s’explique sur le choix des mots : « Lions ? Les trois acteurs en ont la crinière et un peu la sauvagerie. Ils se veulent les nouveaux rois de la jungle hollywoodienne. Love ? Pour eux, c’est l’amour à trois. Mais tout est love et in en Californie. Les love-in, les be-in, même les drive-in. Dans les parcs, les salles de concert, les maisons, il y a des fleurs, des sourires, de la marijuana. Lies ? Le mensonge est partout. Les acteurs sont-ils de plus grands menteurs que les politiciens ? », s’interroge-t-elle.

Le financement

éCe n’est pas du cinéma underground, mais du cinéma financé, hors des studios, par un type qui s’appelle Max Raab, fabricant de « prêt à porter » à Philadelphie, qui s’était dit : « Je vais investir de l’argent dans le cinéma ». Il se trouvait avoir vu mes films quatre ou cinq fois, et quand je l’ai rencontré dans un café, il s’est décidé en dix minutes. J’ai dit : « Est-ce que vous voulez lire, j’ai dix pages ? » Il m’a dit : « C’est pas la peine, ce que vous m’avez dit maintenant est assez clair. » Il y a ça aussi en Amérique, cette aventure folle qui peut arriver demain à n’importe qui, c’est extraordinaire (…). Les choses se font quand même comme ça, ça fait partie du jeu américain, on gagne, on perd. » Agnès VARDA, Propos recueillis par Patrick HARLEZ,Cinéma 9 n°12, janvier 1971.

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