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Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo

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 Johnny s’en va-t-en guerre
Tire original : Johnny got his gun
Dalton Trumbo
USA, 1971, 1h51
Date de sortie 1973
Date de reprise 28 mai 2014

DESCRIPTION
Le dernier jour de la première guerre mondiale, Joe Bonham est gravement mutilé par un obus. Il est devenu un objet recouvert de pansements et considéré comme incapable de penser ou de sentir, mais que les médecins soignent avec attention pour faire progresser la science. Mais Joe pense et, dans ses souffrances, se souvient de sa vie passée. Johnny veut comprendre ce qui lui arrive et ce qui lui est arrivé.
Une jeune infirmière parvient à communiquer avec lui.
Il tente d’utiliser le morse pour se faire comprendre des médecins qui lui refusent la mort qu’il réclame.

« J’ai vu tellement de films contre la guerre ne provoquant qu’une répulsion physique, que je voulais atteindre la répulsion du coeur et de l’esprit » Dalton Trumbo.

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A PROPOS DU FILM
Johnny s’en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun) est réalisé par Dalton Trumbo, scénariste victime du maccarthysme, et inscrit en 1947 sur la liste noire. En octobre 1947, interrogé par le House Un-American Activities Committee (commission des activités antiaméricaines), il est l’un des « Dix d’Hollywood » qui refuse de répondre à la question : «Êtes-vous encore, ou avez-vous été membre du parti communiste ? ». La commission le condamne à 11 mois de prison pour outrage au congrès. Il sera ensuite contraint de travailler pendant plus de dix ans sous pseudonyme à Hollywood. Période pendant laquelle il remporte, sous le nom de Robert Rich, l’Oscar du meilleur scénario pour Les Clameurs se sont tues de Irving Rapper. En 1960, il sort officiellement de la liste noire en 1960, et son nom apparait, en tant que scénariste, au générique d’Exodus d’Otto Preminger, et de Spartacus de Stanley Kubrick.

En 1971, Dalton Trumbo passe derrière la caméra en adaptant son propre roman. Le cinéaste réagit ainsi au contexte politique de l’époque, et tout particulièrement aux atrocités provoquées par la guerre du Vietnam.  Le livre fut publié pour la première fois le 3 septembre 1939, soit deux jours après le début de la Seconde Guerre mondiale, et devint célèbre par son caractère ouvertement antimilitariste. Il montrait la violence et l’absurdité de la guerre dans un contexte où l’Amérique rechignait fortement à s’impliquer dans le conflit. Après l’épuisement des exemplaires en librairie, sa réédition ne survint qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Dans sa préface de 1959, Trumbo précise que le livre fut de nouveau épuisé pendant la guerre de Corée et qu’il résista à la tentation de retoucher à son livre alors que tant de choses avaient changé depuis 1938..

N’ayant jamais réalisé de films, Dalton Trumbo pense confier l’adaptation de son roman à son ami Luis Buñuel. Il évoque également la participation de Salvatore Dali. Mais, ceux-ci refusent de réaliser le film qui, selon eux, appartient uniquement à son auteur. Toutefois, Buñuel apportera sa contribution en collaborant à certains plans. Il a notamment écrit les scènes avec « Jésus Christ ».

Film de guerre totalement atypique, Johnny s’en va-t-en guerre enferme le spectateur dans la tête d’un soldat amputé des quatre membres, défiguré, aveugle, sourd et muet. Conservé en vie et à l’abri des regards, les militaires pratiquent sur lui un acharnement thérapeutique cruel.

Le spectateur accompagne le jeune homme dans son calvaire grâce à une voix off bouleversante. Le cinéaste alterne les séquences d’hôpital avec des flashbacks de la vie du jeune engagé, de son enfance passée aux côtés de son père à l’explosion d’un obus dans sa tranchée en passant par sa première expérience amoureuse. Peu à peu; les idées du soldat se brouillent et Johnny se réfugie dans le rêve. Alors, le film bascule vers l’onirisme avec de magnifiques scènes chantant la beauté de la vie, et de très belles références picturales aux surréalistes comme Dali, et Magritte.

Si le film évoque la première guerre mondiale, le contexte des années 60 est présent. Citons par exemple, le look hippie arboré par le Christ (Donald Sutherland) que Johnny imagine rencontré.

L’utilisation d’un noir et blanc clinique pour la réalité (l’hôpital et les tranchées), et de la couleur pour les séquences de souvenirs et de rêves rendent le film encore plus poignant.

Grand Prix du Jury au festival de Cannes 1971, Johnny s’en va-t-en guerre a depuis atteint le statut de film culte. Le film a inspiré de nombreux artistes. Le clip de la chanson « One » du groupe de hard-rock Metallica reprend des extraits du film Johnny s’en va-t-en guerre. La chanson est également inspirée du film. Il en est de même pour les paroles de Johnny got his Gun du groupe français Little Nemo et celles du titre Johnny s’en va-t-en guerre du groupe punk français Les Sales Majestés.

Hymne pacifiste bouleversant, dénonciation de l’acharnement thérapeutique, la vision de l’unique réalisation de Dalton Trumbo  laisse des traces indélébiles dans les mémoires.

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