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Le Scandale Paradjanov

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Le Scandale Paradjanov ou la vie tumultueuse d’un artiste soviétique
Un film écrit et réalisé par Serge Avedikian et Olena Fetisova
Avec Serge Avédikian, Yulia Peresild, Karen Badalov, Zaza Kashibadze
Ukraine/France/Géorgie/Arménie, 2014, 1h35
Date de sortie  7 janvier 2015 

DESCRIPTION

Une évocation de la vie mouvementée de Serguei Paradjanov, réalisateur soviétique d’avant garde, à la fois poète, plasticien et touche-à-tout opposé à toute forme d’autorité. Auteur de films cultes, dont Les Chevaux de feu, Sayat Nova et La Légende de la forteresse de Souram, son anticonformisme et son désir d’indépendance, dans un pays qui refuse les artistes déviants, lui valent cinq années d’emprisonnement dans les geôles soviétiques. S’il en ressort meurtri, Paradjanov conserve pour autant son indéfectible sens de l’humour, son excentrisme et surtout sa passion pour l’art et la beauté.

Ce film biographique singulier illustre les moments clés de la vie et de l’oeuvre de Serguei Paradjanov, descendant d’Arméniens, persécuté par les autorités soviétiques. Un film enlevé et libre, célébrant l’excentricité d’un grand cinéaste.

Lire l’article de Journal Cinéphile Lyonnais sur Les Chevaux de feuici

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A PROPOS DU FILM

Le film retrace librement les trente dernières années de la vie de Paradjanov, des années soixante, lorsqu’il commence à rencontrer le succès avec son film ukrainien Les Chevaux de feu, aux années quatre-vingt. En raison du scandale que Les Chevaux de feu provoque, il se rend en Arménie où, protégé par les responsables des studios, il réalise son film suivant, Sayat Nova. Mais à son retour à Kiev, il est rattrapé par la police ukrainienne qui a constitué un dossier contre lui. Il est arrêté et, après un procès expéditif, il est condamné à cinq ans de prison assortis d’un régime particulièrement sévère. Puis il est assigné à résidence dans sa maison natale à Tbilissi, en Géorgie, où il doit affronter un Etat qui ne l’accepte pas et le laisse désœuvré.

Comme il le dit lui même, Serge Avedikian a rencontré à plusieurs reprises Paradjanov : « La première fois que nous nous sommes vus, c’était à Tbilissi, le 1er janvier 1983. Je lui ai apporté des cadeaux de la part d’Yves Saint-Laurent. Nous nous sommes retrouvés à Erevan quelques mois plus tard, puis à Paris, plusieurs fois entre 1988 et 1991, année de sa mort. »

 SERGUEÏ PARADJANOV VU PAR SERGE AVEDIKIAN

« C’était un homme hors normes, qui avait un talent hors normes. Il était provocateur et anticonformiste, donc, par essence, dangereux pour le régime soviétique. Mais on ne l’a pas jugé pour cela. On a voulu le diaboliser en le présentant comme homosexuel, voleur d’icônes…

En fait on l’a écarté de la vie professionnelle afin qu’il ne soit pas contagieux pour les jeunes réalisateurs et générations à venir. Sa liberté de ton et sa façon de faire n’étaient pas d’usage dans ce régime. C’était également un homme caractériel. Ce qui le rendait surprenant et imprévisible. Il était aussi très attentionné vis à vis des gens qu’il respectait. Il aimait échanger des objets, troquer si je puis dire, afin d’être dans une relation sensuelle avec les gens qu’il aimait. Bref, c’était quelqu’un qui voulait que la vie soit intéressante à chaque instant, et donc il attendait beaucoup de ses interlocuteurs. » Serge Avedikian

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BIOGRAPHIE DE SERGUEÏ PARADJANOV

Sergueï Paradjanov, de son vrai nom Sarkis Yossifovitch Paradjanian, est né en 1924 à Tbilissi en Géorgie d’une famille d’origine arménienne. Son père est un commerçant en antiquités et sa mère une passionnée d’art. C’est le contact de cet univers fait de musique, de peinture, de danse et d’objets qui forge son imaginaire et son goût pour cet art du collage qui va caractériser plus tard son cinéma et son œuvre picturale. Après avoir étudié la musique, la chorégraphie, la peinture, et travaillé comme acteur au sein d’une troupe de théâtre, il entre au VGIK de Moscou (l’institut cinématographique d’Etat) en 1946. Il en sort diplômé en 1952 avec son court métrage de fin d’études Conte moldave — dont il fera une version plus longue intitulée Andriech. Il tourne ensuite plusieurs documentaires pour les Studios Dovjenko de Kiev, puis enchaîne avec Le Premier gars (1958, son premier long métrage de fiction), Rhapsodie ukrainienne (1960) et Une fleur sur la pierre (1963). Il reniera ces trois œuvres, qu’il considère ratées.

En 1964, il signe Les Ombres des ancêtres oubliés d’après Kotsioubinski, multi-primé dans de nombreux festivals à l’étranger, mais surtout Les Chevaux de feu,
qui marque le début de sa véritable carrière de cinéaste. Ce n’est pourtant qu’avec son projet suivant, Les Fresques de Kiev (1966), qu’il met en place son style fondé sur des plans tableaux et un récit non narratif. Le film étant resté inachevé, seuls des rushes restent encore visibles. Il reprend alors ce procédé de mise en scène pour Sayat Nova, la couleur de la grenade (1966). Tout comme Les Chevaux de feu, le film pose problème aux autorités soviétiques qui imposent que le film soit remonté.

Après avoir pris publiquement position en faveur d’intellectuels et d’artistes incarcérés par le pouvoir en place, Paradjanov est lui même arrêté en 1973 et condamné à cinq années de prison pour homosexualité. Malgré le soutien de nombreux artistes étrangers, il n’est libéré qu’en 1979. Il lui faut attendre 1986, et le début de la Glasnost, pour parvenir à réaliser un nouveau long métrage, La Légende de la forteresse de Souram, puis, deux ans plus tard, Achik Kerib, son ultime film, qu’il dédie à son grand ami Tarkovski.

Malade, Paradjanov essaye de tourner La Confession, un projet qu’il rêve de réaliser depuis un quart de siècle, mais il doit abandonner le film après trois jours de tournage. Il disparaît un an plus tard, le 21 juillet 1990. Cinquante mille personnes suivront son exhumation au Panthéon arménien d’Erevan.

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BIOGRAPHIE DE SERGE AVEDIKIAN

Elève au Conservatoire d’Art Dramatique de Meudon, Serge Avédikian crée, en 1976, sa propre compagnie théâtrale à Paris, puis, en 1988, fonde sa société de production au sein de laquelle il produit des films d’auteurs et réalise des courts et des moyens métrages. À partir de l’an 2000, il se consacre plus assidûment au théâtre et au cinéma en tant qu’acteur tout en réalisant deux films d’animation qui obtiennent des prix dans de nombreux festivals internationaux. En 2006, il réalise Nous avons bu la même eau, son premier long métrage documentaire qui connaît les honneurs d’une sortie en salle. Il obtient la Palme d’Or à Cannes en 2010 pour son court métrage d’animation Chienne d’histoire, qui raconte l’histoire de l’exil forcé et du massacre des chiens des rues d’Istanbul en 1910.

Avec Le Scandale Paradjanov, dont il interprète également le rôle-titre, il réalise son premier long métrage de fiction, et vient, très récemment, de signer la mise en scène d’Anouche, un opéra dont il a aussi adapté le libretto.

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