A (Re)découvrir

Les contes d’Hoffmann de Michael Powell et Emeric Pressburger, la reprise à ne pas manquer

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Les contes d’Hoffmann
Michael Powell, Emeric Pressburger

Avec : Moira Shearer, Ludmilla Tchérina, Léonide Massine, Robert Helpmann
Comédie musicale
Royaume Uni, 1951, 2h07

Reprise en copié restaurée le 1er avril 2015

Synopsis

Installé dans une taverne où il attend la belle Stella (Moira Shearer) dont il est épris, Hoffmann (Robert Rounseville) repense aux trois malheureuses histoires d’amour qu’il a vécu. Il y eut Olympia (Moira Shearer), la poupée mécanique, Giulietta (Ludmilla Tchérina), la courtisane vénitienne et Antonia (Ann Ayars), la chanteuse lyrique. Mais à chaque fois, un maléfique génie est venu anéantir tous ses espoirs.

« Les contes d’Hoffmann, d’une absurde sensualité, revêt une importance phénoménale à travers son appréhension du septième art. Les visions conjuguées de Michael Powell et Émeric Pressburger procurent à l’extravagance une nouvelle dimension. » A-voir-à-lire.com

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A propos du film

Trois ans après avoir inséré une superbe scène de ballet de quinze minutes dans le film Les Chaussons rouges (The Red Shoes, 1949), le duo britannique Michael Powell et Emeric Pressburger décide de franchir un pas de plus dans le film musical et d’adapter sur grand écran l’opéra Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach.

« Les deux cinéastes conservent la même construction que celle de l’opéra : un prologue, trois contes, un épilogue. Le scénario suit parfaitement la partition (il ne fait d’ailleurs que dix-sept pages et renvoie en permanence à cette dernière), et la mise en scène se plie à la musique, à la base de tout le film. Les musiques et les voix ont d’ailleurs été préenregistrées avant de tourner en playback, les acteurs répétant inlassablement afin d’être justes dans la synchronisation. À l’inverse de ce qui pouvait se pratiquer à l’époque, Powell et Pressburger décident de ne pas monter leur projet sur la seule célébrité de têtes d’affiches, mais bien sur leurs compétences : le casting sera donc organisé dans cet objectif, acteurs, danseurs, chanteurs devant exceller dans leur domaine.

Les Contes d’Hoffmann est une perle du Technicolor. Chaque conte est habillé d’une couleur différente, qui lui donne une identité propre et forte. Olympia baigne dans un lumineux jaune vif, Giulietta dans un rouge vénéneux et Antonia dans un bleu froid. Les décors sont hors normes, entre fiction et réalité, une véritable fantasmagorie visuelle. Hein Heckroth, directeur artistique du film, vient du milieu théâtral : le plateau de tournage s’est ainsi rempli de mers en plastiques, d’escalier “à plat”, entre carton-pâte et décors peints. Dans ce déluge de couleurs saturées, Les Contes d’Hoffmann est un mélange de genre remarquablement original, passant du musical à l’expressionnisme allemand, avec quelques incursions dans le fantastique.

Diversement reçu par le public et la critique, Les Contes d’Hoffmann bénéficieront du soutien de quelques admirateurs de grands talents dont Cecil B. DeMille, qui écrira à Michael Powell et Emeric Pressburger : « Chers messieurs, […] Votre production des Contes d’Hoffmann a prouvé qu’en fait on peut tout avoir. Pour la première fois de ma vie j’ai apprécié un opéra où la beauté, la puissance et l’ampleur de la musique étaient égalées par la présentation visuelle. Je vous remercie pour votre courage et votre sens artistique remarquables qui nous ont donné le grand opéra comme il n’existait jusqu’à présent que dans l’esprit de ses créateurs. » (Michael Powell, Million Dollar Movie – Une vie dans le cinéma tome 2, Actes Sud/Institut Lumière)

Fiche technique

Les Contes d’Hoffmann (The Tales of Hoffmann )
Royaume-Uni, 1951, 2h13, couleurs (Technicolor), format 1.37
Réalisation : Michael Powell, Emeric Pressburger
Scénario : Michael Powell, Emeric Pressburger, d’après l’œuvre d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et l’opéra de Jacques Offenbach sur un livret de Jules Barbier et une nouvelle traduction de Dennis Arundell
Photo : Christopher Challis
Musique : Jacques Offenbach (direction sir Thomas Beecham)
Montage : Reginald Mills
Décors : Hein Heckroth, Arthur Lawson
Costumes : Hein Heckroth
Chorégraphie : Frederick Ashton
Production : Michael Powell, Emeric Pressburger, The Archers
Interprètes : Robert Rounseville (Hoffmann), Moira Shearer (Stella/Olympia), Ludmilla Tchérina (Giulietta), Ann Ayars (Antonia),  Robert Helpmann (Lindorf/Coppelius/Dapertutto/le docteur Miracle), Léonide Massine (Spalanzani/Schlemil/Franz), Pamela Brown (Nicklaus), Frederick Ashton (Kleinzach/Cochenille), Meinhardt Maur (Luther), Lionel Harris (Pitichinaccio), Mogens Wieth (Crespel), Edmond Audran (Cancer)

Présentation au Festival de Cannes : mai 1951
Sortie au Royaume-Uni : 26 novembre 1951
Sortie en France : 22 juin 1951

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