A (Re)découvrir

Mercredi 27 mai, au musée des Confluences, Nostalgie de la lumière en présence du réalisateur

Mercredi 27 mai à 12h30 au musée des Confluences, projection du très beau documentaire Nostalgie de la lumière, en présence du cinéaste Patricio Guzmán. Projection suivie d’un échange avec le public.

Toutes les informations pratiques sur www.museedesconfluences.fr

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Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
Chili – 1h30 – 2010 – Cannes 2010 – documentaire

Nostalgie de la lumière a été présenté en séance spéciale hors compétition au Festival de Cannes 2010.

Description

Au Chili, à trois mille mètres d’altitude, les astronomes venus du monde entier se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs.
Mais aussi, les ossements des prisonniers politiques de la dictature. Tandis que les astronomes scrutent les galaxies les plus éloignées en quête d’une probable vie extraterrestre, au pied des observatoires, des femmes remuent les pierres, à la recherche de leurs parents disparus …

« La beauté du film réside dans l’équilibre entre la contemplation des très belles images du ciel étoilé et ce sol qui cache tant de secrets prêts à être dévoilés. Grâce et travail de l’astrophotographe Stéphane Guisard, les magnifiques plans du ciel, de ses galaxies et de ses constellations, rythment le film et nous plongent dans ce monde mystérieux, attirant et hypnotique. Pendant le film, une intervenante évoque l’idée de tourner les télescopes vers la terre, pour retrouver les morts : c’est justement le but de Patricio Guzmán. Réhabiliter le sol chilien, retrouver ses racines, son histoire pour redonner au Chili une véritable mémoire, dénuée de tout tabou. »  www.critikat.com

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A propos du film

Nostalgie de la lumière est le sixième film  de Patricio Guzmán (né au Chili) et le troisième présenté au Festival de Cannes, après Le Cas Pinochet (2001) et Salvador Allende (2004). Il a fallu quatre années au réalisateur pour mener à bien son projet tourné dans le désert d’Atacama, au Chili.

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Nostalgie de la lumière vu par Le Monde

« Un lieu rassemble ces trois couches sensibles : le désert d’Atacama. Cet endroit, réputé être le plus aride et le moins propice à la vie de notre planète, Nostalgie de la lumière le transforme en terreau incroyablement fertile. Parce qu’on y trouve à la fois le plus grand observatoire astronomique au monde, les vestiges remarquablement conservés des civilisations autochtones et les cadavres de déportés politiques assassinés durant la dictature dans les camps environnants, avant d’être disséminés dans les sables. Chacune de ces réalités induit un travail de prospection particulier. L’astronome scrute le ciel, l’archéologue fouille le sol, les femmes de disparus creusent, depuis vingt-huit ans, sans relâche, les entrailles de la terre.

Le génie du film, inspiré du génie du lieu, consiste à mettre ces recherches, comme les personnages qui les incarnent, en rapport. Gaspar l’astronome, Lautaro l’archéologue, les veuves Victoria et Violeta partagent la même obsession des origines, qui de l’Univers, qui de la civilisation, qui du mal et de la mort. Le regard dans les étoiles ou les mains dans le sable, ils connaissent la même incertitude, le même sentiment de relativité et de précarité, la même opiniâtreté à chercher la lumière dans cette nuit profonde qui environne l’humanité. Cela nous les rend, comme personnages, précieux et bouleversants.

Nostalgie de la lumière doit pourtant sa réussite à un travail formel qui engage davantage que ses personnages : une science insolite du montage, une magie de l’association entre les choses et les êtres, un art de mettre au jour des connexions insoupçonnées. Momies et télescopes, billes d’enfants et galaxies, azur et ténèbres, traces du passé et projections d’avenir, douleurs infinies et paix sidérale entrent ici dans la danse de l’esprit poétique qui les célèbre, quelque part entre 2001 Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, et Le Songe de la lumière, de Victor Erice.

Le film révèle aussi les liens objectifs qui existent, à travers d’autres personnages, entre ces réalités disparates. C’est le cas de Luis, ancien prisonnier, qui doit d’avoir survécu à la passion de l’astronomie que lui ont inculquée les savants en prison. C’est aussi celui de Valentina, jeune astronome, qui puise dans l’observation du cycle de l’Univers une raison suffisante d’apprécier la vie, après que ses deux parents ont été assassinés, alors qu’elle n’était qu’une enfant. On tient ici, dans l’image tremblante de cette jeune orpheline qui pose avec son enfant, la beauté ultime du film : tirer, d’une terre ingrate et d’une histoire inhumaine, la force de chercher encore, donc d’espérer encore. Jacques Mandelbaum pour Le Monde

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Patricio Guzman

Patricio Guzman est l’un des principaux chroniqueurs cinématographiques de l’histoire contemporaine chilienne. Emprisonné par le régime de Pinochet lors du coup d’Etat de 1973, finalement relâché, il choisit l’exil, à Paris, comme son compatriote Raoul Ruiz (tous deux sont nés en 1941), maître de la fiction baroque. Guzman ne cessera quant à lui de revenir à son pays par la voie du documentaire politique, depuis La Bataille du Chili (1979) jusqu’à Salvador Allende (2004).

Longs métrages (documentaires)

  • 1971 : Chile, elecciones municipales
  • 1971 : La Première Année (Primer año)
  • 1972 : La Respuesta de octubre
  • 1975-1979 : La Bataille du Chili (La Batalla de Chile: la lucha de un pueblo sin armas), en 3 parties, en collaboration avec Chris Marker.
  • 1975 : L’insurrection de la bourgeoisie (La insurrección de la burguesía)
  • 1977 : Le coup d’État (El golpe de estado)
  • 1979 : Le pouvoir populaire (El poder popular)
  • 1983 : La Rose des vents (La Rosa de los vientos)
  • 1987 : Au nom de Dieu (En nombre de Dios)
  • 1992 : La Croix du Sud (La Cruz del Sur)
  • 1995 : Les Barrières de la solitude
  • 1997 : Chili, la mémoire obstinée (Chile, la memoria obstinada)
  • 2000 : Invocación (coréalisateur)
  • 2001 : Le Cas Pinochet (El Caso Pinochet)
  • 2004 : Salvador Allende
  • 2010 : Nostalgie de la lumière (Nostalgia de la luz)
  • 2015 : Le Bouton de nacre (El botón de nácar)

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