Séance Spéciale

Mardi 19 mai aux Alizés, Ciné-débat Le Challat de Tunis

Mardi 19 mai à 20h30 au cinéma Les Alizés (214 Av Franklin Roosevelt à Bron), projection-débat autour du film « Le Challat de Tunis ».  Le débat /discussion sera prolongé autour d’un thé à la menthe et de gâteaux orientaux.

Toutes les informations pratiques sur www.cinemalesalizes.com

« Très drôle, bien qu’assez terrifiant sur le fond, cet ovni multiprimé dans les festivals, de Beyrouth à Alger en passant par Amiens et Namur, se joue constamment du vrai et du faux et interroge autant les spectateurs qu’il leur donne à voir. » Isabelle Danel – PREMIÈRE

Le challat 2

LE CHALLAT DE TUNIS
Un film de Kaouther Ben Hania
Avec Kaouther Ben Hania, Jallel Dridi, Moufida Dridi,
Mohamed Slim Bouchiha, Narimène Saidane, Sofian El Fan
Tunisie/France/Canada/Qatar/Emirats Arabes Unis  – 2014 – 90′

Date de sortie : 1er avril 2015

Synopsis:

Tunis, avant la révolution. En ville une rumeur court, un homme à moto, armé d’un rasoir, balafrerait les fesses des femmes qui ont la malchance de croiser sa route. On l’appelle le Challat, « le balafreur ».

Fait divers local ? Manipulation politique ? D’un quartier à l’autre, on en plaisante ou on s’en inquiète, on y croit ou pas, car tout le monde en parle… sauf que personne ne l’a jamais vu.

Dis ans plus tard, sur fond de post-révolution, les langues se délient. Une jeune réalisatrice décide d’enquêter pour élucider le mystère du Challat de Tunis. Ses armes : humour, dérision, obstination.

« Fiction et réalité s’entremêlent pour mieux évoquer la complexité de la condition féminine dans les pays arabes. Le tout avec une ironie mordante. » Mathilde Blottière – TELERAMA

A propos du film

Le Challat de Tunis traite d’un fait divers datant de 2003 et se trouve à mi-chemin entre la fiction et le « documenteur », sorte de faux documentaire qui met en avant des sujets de société comme ici le machisme en Tunisie.

Le « Challat » dans le film, cet homme qui lacère les fesses de jeunes femmes, représente un « symbole national fantasmagorique d’une virilité machiste tantôt lubrique tantôt justicière », selon la réalisatrice Kaouther Ben Hania.

Selon la réalisatrice, le film a été rendu possible grâce à la révolution de 2011 qui a entrainé la destitution de Ben Ali. « La révolution nous a restitué une réalité longuement confisquée par le pouvoir, il est désormais envisageable de la capter, officiellement, avec autorisations de tournage », déclare-t-elle. Kaouther Ben Hania a pu avoir ainsi accès aux archives concernant l’affaire du Challat, chose impensable sous le régime de Ben Ali. Le véritable Challat n’a jamais arrêté. C’est un repris de justice du nom de Jallel Dridi qui a été envoyé en prison à sa place. « Un coupable idéal », selon la réalisatrice Kaouther Ben Hania.

Véritable comédie noire, Le Challat de Tunis aborde avec un certain sens de l’autodérision des sujets graves : « Très tôt, j’ai compris qu’avec cette affaire, nous étions au royaume de l’absurde. La forme du film m’a tout de suite suggéré un ton humoristique avec une teinte d’ironie ». C’était également un moyen pour la réalisatrice de faire référence à la mentalité tunisienne : « Je voulais que mon film soit à l’image de cette Tunisie qui pratique sans cesse l’autodérision pour préserver sa bonne humeur. »

Le Challat de Tunis se trouve réellement à mi-chemin entre fiction et réalité. Certaines scènes sont complètement fictionnelles et inventées et d’autres documentaristes : « Cette diversité de matériaux m’a permis de construire un film hybride où le réel me sert de point d’appui pour mettre en scène des intentions très affirmées », précise la réalisatrice. Il y a d’ailleurs également deux types de personnages dans le film, les fictifs et les réelles victimes du Challat.

« Une comédie à mi-chemin du fait divers, de la rumeur et de la parodie. Une certitude : rarement la relation homme-femme a été abordée de façon aussi tranchante au cinéma !  Transcendant remarquablement les genres cinématographiques, Le Challat de Tunis est un film certes déroutant, mais qui revendique une nouvelle fois le cinéma comme un art libre et libérateur. » Arthur Champilou – À VOIR À LIRE 

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Le chalay

Comment traiter la rumeur au cinéma ?

« Comment traiter la rumeur au cinéma ? Qu’est-ce qu’une rumeur ? Il y a une part de vérité et beaucoup de fiction autour. Je me suis dit que je façonnerais mon film à cette image. J’ai tressé le réel avec la fiction, pour aboutir à une forme de vérité.

Car, pour pouvoir raconter cette histoire du Challat qui vacille entre vérité et mensonge, réalité et rumeur, il me fallait trouver une forme plus ouverte, plus inventive et surtout une forme qui soit en adéquation avec le propos du film.

En 2008, j’ai soutenu un mémoire de recherche universitaire sur le documenteur. L’intitulé du mémoire était « Le documenteur : la fiction avec ou contre le documentaire ? ».

Un documenteur est une fiction qui prend son point d’appui sur une réalité probable dans un contexte bien déterminé et qui à travers la forme documentaire (archive, documents à l’appui) passerait aux yeux du spectateur pour une réalité pure et dure. Le « faux » dans le documenteur est légitime et secrète du « vrai » puisqu’au moins il nous renseigne sur la « vérité » du documentaire : le documentaire est une forme qui s’imite et sa facture ne garantit pas contre la tromperie. Le documenteur a ce point commun avec la légende urbaine qu’il peut tromper les plus crédules, mais finit toujours par les détromper.

Le documenteur désacralise cet « apprivoisement » de la réalité et mine les certitudes du spectateur en instaurant le doute comme activité saine de la pensée. »  Kaouther Ben Hania (réalisatrice), extrait du dossier de presse de Jour 2fête.

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Festivals

  • CANNES 2014 – PROGRAMMATION ACID
  • FESTIVAL DU FILM DE NAMUR – BAYARD D’OR DE LA MEILLEURE PREMIÈRE OEUVRE
  • FESTIVAL DU FILM MAGHRÉBIN D’ALGER – PRIX SPÉCIAL DU JURY
  • MEDFILM BRUSSELS FESTIVAL – PRIX SPÉCIAL DU JURY
  • FESTIVAL DU FILM D’AMIENS – PRIX DU SYNDICAT FRANÇAIS DE LA CRITIQUE DE CINÉMA
  • MEDFILM ROME FESTIVAL – MENTION SPÉCIALE DU JURY
  • BEIRUT – MEILLLEURE RÉALISATRICE

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