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Du dimanche 24 au mardi 26 mai, Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni, à l’Institut Lumière

Dans le cadre de l’anniversaire des 120 ans des premiers films Lumière, l’Institut Lumière propose un cycle « Voyage à travers 120 ans de cinéma ». C’est l’occasion de (re)découvrir Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni.

Les séances :  Di 24/05 à 14h30 – Lu 25/05 à 19h – Ma 26/05 à 21h30

Toutes les informations sur www.institut-lumiere.org

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Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni
 Avec Rod Taylor, Mark Frechette, Daria Halprin
USA, 1970, 1h45, couleur

Date de sortie 14 avril 1970
Date de reprise 13 janvier 2010

Synopsis :  

Los Angeles, 1969. La contestation grandit dans les milieux universitaires. Marc, un jeune homme solitaire, est prêt à mourir pour la révolution mais il se refuse à mourir d’ennui. Révolté par les arrestations arbitraires, il achète un pistolet pour se protéger. Témoin d’une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier, il s’apprête à riposter quand soudain le policier est abattu […]

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Autour du film

A l’instar d‘Easy Rider de Dennis Hopper ou de Punishment Park de Peter Watkins, Zabriskie Point est un film en phase directe avec les bouleversements qui se déroulent aux Etats-Unis, en pleine guerre du Vietnam, et confrontés aux manifestations étudiantes, sauvagement réprimées par l’administration Nixon. Quatre ans après avoir observé l’époque du « Swinging London » dans le thriller existentiel Blow Up, Michelangelo Antonioni s’attaque cette fois-ci à l’Amérique, sous la forme d’un road-movie, genre phare dans le cinéma des années 1970. Véritable expérience de cinéma jubilatoire, une critique de la société d’aseptisation et de consommation, un film beau et étonnant.

Le personnage principal du film, Mark Frechette, est arrêté en 1970 (l’année de réalisation et sortie du film), pour vol à main armée d’une banque. Son complice est tué par la police quelques années plus tard, en août 1973. Frechette est condamné à une peine de 15 ans de prison, où il meurt en septembre 1975.

Zabriski Point est le seul film intégralement financé par des fonds américains de toute la carrière de Michelangelo Antonioni.

Dans Zabriski Point, Michelangelo Antonioni poursuit son travail de révolution esthétique sur le thème de la « disparition » , qu’il avait déjà entrepris sur L’Avventura, L’Eclipse où il fait disparaître tous ses personnages, ainsi que la scène du mimétisme qui clôt le thriller non conventionnel Blow Up. Avec ces films, le cinéaste va alors totalement à l’encontre des règles du cinéma hollywoodien classique.

Le film est célèbre pour deux séquences. La scène d’orgie située en plein désert, et la séquence finale d’explosion, que Michelangelo Antonioni filme au ralenti sur une musique halluciné des Pink Floyd. Deux séquences ayant pour thème commun la révolte : sexuelle pour la première; et terroriste pour la seconde. Mais aussi deux scènes totalement fantasmées.

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Michelangelo Antonioni poursuit son esthétique de la disparition

« En ce sens, Antonioni poursuit son « esthétique de la disparition », fondamentale dans le cinéma moderne bien qu’incomprise à l’époque, si on se souvient de l’accueil perplexe réservé à L’Avventura en 1960. Cette volonté d’épure dramatique grâce à laquelle Antonioni expérimente une sorte de mise à nu des procédés de la fiction (voir les vingt dernières minutes de L’Eclipse, où il fait disparaître tous ses personnages, ainsi que la scène de mimétisme qui clôt Blow Up) et va à l’encontre des règles esthétiques d’alors. Il refuse les codes du cinéma hollywoodien classique tout en les ayant parfaitement assimilés (car paradoxalement le fantôme d’Hitchcock et de La Mort aux trousses semble hanter de nombreuses scènes du film), ce qui permet ici de les enrichir d’une dimension théorique et politique. La profonde modernité d’Antonioni, c’est cette totale liberté formelle, ce basculement du collectif et du concret (la dimension « cinéma-vérité ») vers l’intime et l’abstrait, proposant au spectateur une véritable expérience de cinéma. » Film de culte

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Les Pink Floyd.signe une partie de la bande originale

A noter et à écouter, la bande originale, en partie composée par les Pink Floyd.

Un tournage perturbé à cause des idéaux politique du réalisateur 

A cause des idéaux politiques de Michelangelo Antonioni, très ancré à gauche, le tournage du film est perturbé par des incidents. Des groupuscules manifestent violemment leur hostilité au film, qu’ils jugent profondément anti-américain. Le FBI dépêche des agents chargés d’enquêter et de ficher les membres de l’équipe du film, tandis que les différents lieux de tournages sont envahis par des manifestants pro-Nixon. On peut aussi relever la charge du Shériff de la ville d’Oakland, Californie, contre le cinéaste, qu’il accuse d’avoir sciemment provoqué les manifestations et émeutes autour du film, tandis que les gardes nationaux du parc de la Death Valley refusent dans un premier temps d’apporter leur concours au réalisateur, parce qu’ils avaient vaguement eu écho d’une scène d’orgie qu’Antonioni devait tourner. Cette scène fut bien envisagée par le réalisateur, mais jamais concrétisée.

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