A (Re)découvrir

Ciné collection dans les salles du GRAC, à partir du 1 juin : Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar

Ciné Collection vous propose chaque mois de voyager à travers l’histoire du cinéma pour voir ou revoir sur grand écran des oeuvres d’auteurs. Certaines séances sont accompagnées par les propos éclairés d’ un spécialiste ou d’ un cinéphile averti.

Au mois de juin 2015, c’est Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar qui est à l’affiche dans une belle copié restaurée. Une comédie désopilante et déjantée, le premier grand succès de Pedro Almodovar.

Pedro Almodovar, célèbre réalisateur espagnol,est notamment  l’auteur des films Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ? (1984), La Loi du désir (1986), Talons Aiguilles (1991), Tout sur ma mère (1999), Parle avec elle (2002), Volver (2006)…

Visualisez le programme complet :Ici

femmes au bord de la cris de nerf

Femmes au bord de la crise de nerfs
(Mujeres al borde de un ataque de nervios)

de Pedro Almodovar
Avec Carmen Maura, Antonio Banderas, Julieta Serrano
Espagne / 1988 / 1h28 / Couleur

Date de  reprise : 19 août 2015

Synopsis

Ivan et Pepa, deux comédiens de doublage, prêtent leur voix aux grandes stars du cinéma et se jurent chaque matin dans la pénombre du studio un amour éternel. Mais Ivan abandonne subitement Pepa. Celle-ci va mener son enquête et découvrir la double vie de l’homme qu’elle aime.

« Ça vous paraît brouillon ? rocambolesque ? extravagant ? C’est encore mieux. Pedro Almodóvar tricote le vaudeville avec une frénésie personnelle. Mailles à l’envers et aiguilles farceuses : il emmêle et pervertit les ficelles classiques de la comédie de boulevard. Quiproquos gigognes, adultères farfelus, hystérie parodique : le héraut-héros de la Movida shoote Feydeau aux amphétamines.
A travers sa folle farandole de personnages fantoches, Almodóvar raille l’Espagne post-franquiste, qui se croit libérée de son corset moral et danse, au fond, un sabbat très bourgeois. Il livre un croquant portrait de femme, celui de Carmen Maura-Pepa, diva des crises de nerfs, suave comme un bonbon au poivre. » Cécile Mury, Télérama.

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A propos du film

Pedro Almodóvar voulait adapter La Voix humaine de Jean Cocteau, pièce en un acte mettant en scène une femme au téléphone avec l’homme qu’elle aime, mais qui se sépare d’elle. En développant son histoire, son adaptation devient de plus en plus libre, et ne resteront de la pièce que le téléphone, la valise et le propos.

Avec Femmes au bord de la crise de nerfs, le cinéaste abandonne les milieux underground pour les intérieurs chics et bourgeois, « un univers féminin où tout est idyllique et merveilleux, dans une ville où tout va bien, où tout le monde est aimable, un monde à la mesure de l’être humain. L’unique problème qui reste dans ce paradis terrestre, c’est que les hommes continuent à abandonner les femmes. » (Conversations avec Pedro Almodóvar, Frédéric Strauss, Cahiers du cinéma). Car voilà le drame, Ivan a lâchement rompu avec Pepa et celle-ci cherche désespérément à obtenir une explication. Plus elle cherche, plus elle découvre certes, mais en tombant de Charybde en Scylla : Ivan a une ex-compagne internée en hôpital psychiatrique, un enfant adulte dont la compagne est obsédée par sa virginité (le couple veut louer l’appartement de Pepa), et une nouvelle maîtresse avec qui il souhaite partir en week-end à Stockholm (le vol est menacé d’attentat par l’amant terroriste chiite d’une amie de Pepa…). Au fur et à mesure du déroulement du film, cette banale histoire de femme délaissée se transforme en vaudeville, enchaînant quiproquos et coïncidences. Comme dans une pièce de Feydeau, l’appartement de Pepa est envahi par une série de protagonistes exaltés et de femmes au bord de l’hystérie collective. Très proche du théâtre, Femmes au bord de la crise de nerfs bénéficie de décors extrêmement travaillés : la terrasse de Pepa est extraordinaire, à la fois pop et toc. Les couleurs flamboyantes et la photographie soignée permettent au cinéaste d’imposer définitivement son style.
C’est le premier grand succès public de Pedro Almodóvar. À l’image des sophisticated comedies à la Billy Wilder, le film mêle légèreté, désarroi amoureux, ironie, rythme effréné et comique de répétition (l’inénarrable gaspacho aux barbituriques est jubilatoire). « Almodóvar : la façon branchée de reparler de l’incommunicabilité, thème qu’on eût dit poussiéreux depuis les années soixante. Cukor ou Lubitsch revus par un enfant de Woody Allen et d’Antonioni… Il y a des références pires. » (Paul Louis Thirard, Positif, n° 335, janvier  1989)

Les couleurs d’Almodóvar
« La culture espagnole est très baroque mais celle de la Mancha est au contraire d’une sévérité terrible. La vitalité de mes couleurs est une façon de lutter contre cette austérité de mes origines. » (Conversations avec Pedro Almodóvar, Frédéric Strauss)

Récompenses
Le film est sélectionné pour de nombreuses cérémonies dont les Oscars où il concourt dans la catégorie du meilleur film étranger. Au total, le film rafle une cinquantaine de prix internationaux. En Espagne, lors des Goya, il est présent dans toutes les catégories ! Et repart avec cinq récompenses : meilleur film, meilleur actrice pour Carmen Maura, meilleur second rôle féminin pour María Barranco, meilleur scénario et meilleur montage.

Ouverture
Le générique de Femmes au bord de la crise de nerfs est une création de Juan Gatti, designer, graphiste et photographe de mode. Pour cette spectaculaire ouverture, l’artiste s’est inspiré des magazines de mode des années 1950 et 1960 dont il a découpé les photos. Pedro Almodóvar : « On entre dans le film comme on feuillette une revue de mode. C’est une entrée en matière dans la lignée de quelques comédies américaines comme Funny Face de Stanley Donen. […] Je voulais établir une esthétique pop élégante pour introduire le spectateur dans l’univers féminin dont le film va parler. »
(Conversations avec Pedro Almodóvar, Frédéric Strauss)

Overdose
Pour ce film, Pedro Almodóvar voulait ne travailler qu’avec Carmen Maura et voir jusqu’où ils pouvaient aller ensemble : il souhaitait, selon ses propres mots, une « overdose de Carmen ». L’actrice sera de tous les plans. Mais après cette superbe réussite, la rupture est consommée pour des raisons encore mystérieuses. Dix-sept ans l’un sans l’autre avant de se retrouver pour Volver en 2006.

Source Festival Lumière

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Pedro Almodovar

Pedro Almodóvar Caballero est un réalisateur de cinéma espagnol, né le 24 septembre 1949 à Calzada de Calatrava dans la province de Ciudad Real et la communauté autonome de Castille-La Manche, en Espagne. Il est l’un des cinéastes emblématiques de la nouvelle vague espagnole et l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma mondial.

Filmographie sélective

  • Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier  (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
    Premier film, premier succès marquant l’empreinte artistique du cinéaste : les femmes, les personnages exubérants et la liberté de mœurs. Un cocktail de la Movida servi sous forme de comédie policière effrontée.
  • Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?  (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
    Gloria (Carmen Maura), entre ses ménages, sa famille et ses voisines, tous hauts en couleurs, n’a pas une minute à elle. Pour tenir, une solution : les amphétamines… Portraits incisifs et drôles, sauce caustique !
  • Matador  (1986, 1h45)
    L’amour passionnel entre Diego, ex-matador, et Maria, avocate psychopathe, fascinés par la mise à mort. Une intrigue policière mêlant érotisme, ferveur religieuse, et tyrannie maternelle. Avec Antonio Banderas.
  • La Loi du désir  (La ley del deseo, 1987, 1h44)
    Pablo (Eusebio Poncela), amoureux de Juan, rencontre Antonio (Banderas), qui devient bientôt un amant très possessif… Homosexualité, transsexualité, désir, création. Un film aux allures de thriller amoureux.
  • Femmes au bord de la crise de nerfs  (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
    Ivan et Pepa (Carmen Maura), comédiens de doublage, se séparent, au désespoir de Pepa, qui découvre bientôt l’autre vie d’Ivan… Comédie pop aux couleurs flamboyantes, un style définitivement imposé. Avec aussi Rossy de Palma.
  • Attache-moi !  (Átame !, 1989, 1h41)
    Ricky (Antonio Banderas) veut conquérir Marina (Victoria Abril), ex-actrice porno. Il la séquestre, la violente, mais parvient à la séduire… Insolite, provocant, le plus optimiste des films sadomasochistes !
  • Talons aiguilles  (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
    Rebeca (Victoria Abril) est désespérément en attente de l’amour de sa mère (Marisa Paredes), une chanteuse qui a privilégié sa carrière. Glamour et noirceur, humour et mélodrame, dans cette douloureuse histoire d’amour entre mère et fille.
  • La Fleur de mon secret  (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
    Leo (Marisa Paredes) écrit des romans à l’eau de rose sous pseudonyme, tout en voulant sauver son couple… Plus grave que ses films précédents, un superbe mélodrame où s’exprime toute la sensibilité du cinéaste.
  • En chair et en os  (Carne trémula, 1997, 1h39)
    Victor va chez Elena, rencontrée en boîte de nuit : elle attend son dealer et la police s’en mêle bientôt… Entre thriller et tragédie : vengeance, plaisir et culpabilité. Avec Javier Bardem et Ángela Molina.
  • Tout sur ma mère  (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
    Manuela (Cecilia Roth) vit seule avec son fils. À la sortie du théâtre, il est renversé par une voiture. Hommage bouleversant aux femmes, mères, filles, sœurs, prostituées, actrices… Avec aussi Marisa Paredes et Penelope Cruz.
  • Parle avec elle  (Hable con ella, 2002, 1h52)
    Un spectacle de Pina Bausch et deux hommes – infirmier et écrivain – qui se retrouvent à l’hôpital, veillant chacun sur une femme dans le coma… Au cœur du film : passion amoureuse et folie, solitude et incommunicabilité.
  • Volver  (2006, 2h02)
    La vie mouvementée de Raimunda (Penelope Cruz), sa fille, sa sœur, sa tante, les voisines du village de son enfance. Le portrait bouleversant de trois générations, porté par des actrices éblouissantes.
  • La piel que habito  (2011, 2h01)
    Un chirurgien met au point une peau synthétique en utilisant une femme qu’il retient captive dans son manoir… Les retrouvailles avec Antonio Banderas, avec également au casting Marisa Paredes, Elena Anaya.
  • Les Amants passagers (2013)
    Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d’un avion à destination de Mexico. Une panne technique met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península …

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