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Du jeudi 25 au dimanche 28 juin, Trafic de Jacques Tati, à l’Institut Lumière

Dans le cadre de la rétrospective Jacques Tati, l’Institut Lumière propose de (re)découvrir  « Trafic » de Jacques Tati.

Les séances :  Je 25/06 à 14h30 – Ve 26/06 à 14h30 – Di 28/06 à 14h30

Toutes les informations sur www.institut-lumiere.org

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Trafic
 De Jacques Tati
 Avec Jacques Tati, Maria Kimberley, Tony Kneppers, Marcel Fraval, Honoré Bostel
France, 1971, 1h45, copie restaurée en 2013, couleur

Synopsis :  

Chaque année se déroule à Amsterdam un très important Salon Automobile. Une société parisienne encore artisanale mais ingénieuse, la maison Altra, espère faire sensation en présentant une petite cylindrée révolutionnaire dénommée « camping-car » : c’est une voiture de camping dotée de nombreux gadgets, sièges transformables en couchette, douches, barbecue…

Monsieur Hulot est dessinateur chez Altra. Il est chargé d’assurer le convoyage de la voiture révolutionnaire, pour une présentation au salon automobile d’Amsterdam. Mais entre les nombreuses pannes, les problèmes mécaniques, la fouille à la douane, l’accident, la route est longue et semée d’embûches, qui mettent en péril la réussite commerciale de l’opération, menaçant Hulot et son camping car de ne pas arriver à temps pour l’ouverture du salon..

« Trafic séduit moins que Mon oncle ou Playtime. Ses décors sont moins pittoresques, son filmage plus classique, son humour plus grinçant. Mais par la thématique du retard, il prend à bras le corps le dilemme du temps vécu — comme contrainte sociale ou jeu. Il fait une ultime mise au point sur la figure évanescente et sans pareille de Hulot. Enfin, il pratique magistralement le comique mimétique et la sublimation du gag. Son cadre resserré met ainsi en valeur la bizarrerie foncière du cinéma de Jacques Tati. »  Pierre Alfer

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A propos du film

Quatre ans après l’entreprise colossale qu’était Playtime, Jacques Tati endosse une dernière fois le personnage de M. Hulot. L’acteur-réalisateur prend ici pour thème l’explosion de l’automobile qui a lieu au tournant des années 1970, avec l’essor spectaculaire de ce moyen de transport chez les classes moyennes occidentales. Les autoroutes deviennent, dans l’univers de Jacques Tati, des jungles modernes où les hommes se transforment en véritables bêtes de foire, enfermés dans leur voiture.

Le réalisateur de Mon Oncle poursuit une nouvelle fois son expérimentation sur l’image et le son – le film est ici tourné en décors naturels -, en recourant à un genre cinématographique encore peu exploité à l’époque : le road-movie. À l’instar d’un Jean-Luc Godard avec Week-end (1967), Tati traque le quotidien sur les routes – déjà bien encombrées – d’Europe de l’Ouest, annonçant la société globalisée de demain.

« Avant de faire le film, j’étais resté un dimanche matin pendant deux heures sur un petit pont de l’autoroute de l’ouest. J’ai vu partir tous ces Parisiens qui allaient à la campagne. Et pendant ces deux heures, je n’ai pas vu un seul conducteur sourire. Pour un dimanche matin, dans le fond, c’est tout de même assez grave ! » Jacques Tati 

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Les origines du film

L’origine de Trafic vient en partie de la rencontre de Tati avec le cinéaste hollandais Bert Haanstra, dont le film Zoo (1962), documentaire comique sur les relations de mimétisme entre les animaux en cage et les visiteurs, a beaucoup inté- ressé Tati. Ils décident de travailler ensemble. Après le tournage de Playtime qui l’a laissé exsangue, Tati n’est pas prêt à produire seul un long métrage. La coproduction franco-hollandaise réserve la place de réalisateur à Haanstra et à Tati celle de co-scénariste et d’acteur principal. Le réalisateur hollandais tourne quelques scènes, dont les plans documentaires qui montrent le comportement des conducteurs au volant. Tati multiplie ses apparitions, non seulement dans le rôle de Hulot mais aussi dans celui d’un agent de police qui règle la circulation. Mais il ne s’en tient pas là : à de nombreuses reprises, il soumet au réalisateur ses conseils. Le compromis paraît absurde. Haanstra laisse la mise en scène à Tati, qui tourne la majorité des scènes et dirige le montage (avec sa fille Sophie Tatischeff) et le mixage du film. Après la décennie consacrée à Playtime, Tati boucle Trafic en un an. En France, l’accueil fait à Trafic est bienveillant mais sans chaleur. Le retour de Hulot dans un rôle central est salué mais on déplore un comique peu incisif et un film inégal.

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Des scènes célèbres

Le film contient des scènes célèbres qui toutes sont une critique de la société moderne qui déshumanise l’individu. 

Dans l’espace vide du hall d’exposition, le quadrillage de fils destinés à limiter l’emplacement de stands impose une démarche étrangement saccadée aux hommes d’affaires venus la visiter, fourmis sauteuses évoquant l’univers mécanique de l’immeuble de Playtime. L’une de ces silhouettes est interprétée par Tati lui-même qui, comme dans ses précédents films, n’a pas résisté au plaisir de se glisser dans la peau d’un personnage secondaire.

La scène du carambolage où les voitures saisies par la grâce exécutent les figures d’un ballet : une automobile semble faire des pointes sur deux roues, une autre virevolte, une troisième dessine de longues arabesques avant de quitter la route et de s’enfoncer dans un sous-bois. D’autres véhicules se transforment en créatures animales, telle cette Volkswagen dont le capot calque comme la mâchoire d’un prédateur féroce poursuivant une roue sur le bas-côté.

Lorsqu’Hulot en panne d’essence s’aventure dans un champ, un bidon à la main, suivant un autre automobiliste équipé d’un bidon identique. Perdus dans cette étendue inhabitée, soulevant à chaque pas de petits nuages de poussière, les deux hommes se lancent à intervalles réguliers des regards inquiets, l’inconnu pressant le pas chaque fois que la distance qui le sépare de Hulot diminue. Ces images de Hulot sautillant à travers champs à la recherche de quelques litres de carburant sont un commentaire désabusé mais sans amertume sur la nature profonde de l’être humain, sur la solitude fondamentale qui est son lot, et sur la vanité de sa quête

Dans la séquence finale, tournée en plan large, des piétons, émergeant d’une station de métro, ouvrent leurs parapluies et s’éloignent sous la pluie en se faufilant entre les voitures immobilisées par un embouteillage : les petites tâches noires sont autant de points d’exclamation qui célèbrent en bondissant gaiement la victoire de l’homme, bipède génial, sur les embarras du monde moderne. Hulot, à nouveau sans emploi, s’éloigne tête nue, son parapluie a été emporté par la foule de piétons. A son côté, marche Maria qui s’est, à son contact, peu à peu dépouillée de sa sophistication. Hulot s’en va mais, pour la première fois comme Chaplin dans Les Temps modernes, il n’est plus seul.

Source Ciné-club de Caen

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Fiche technique

  • Réalisation : Jacques TATI
  • Scénario et dialogues : Jacques TATI, avec la collaboration de Jacques LAGRANGE et la participation de Bert HANSTRAA
  • Musique : Charles DUMONT
  • Directeur de la photographie : Edward VAN DEN ENDEN, Marcel WEISS
  • Cameraman : Paul RODIER et Anton VAN MUNSTER
  • Son : Ed PELSTER, Alain CURVELIER
  • Mixage : Jean NENY
  • Synchronisation : Claude PLOUGANOU
  • Décors : Adrien DE ROOY
  • Montage : Maurice LAUMAIN, Sophie TATISCHEFF
  • Directeur de production : Marcel MOSSOTI
  • Producteur délégué : Robert DORFMANN
  • Producteurs : Georges LAURENT, Wim LINDNER

Une restauration menée par LES FILMS DE MON ONCLE, ECLAIR GROUP et L.E. DIAPASON

Distribution

  • Jacques Tati (Monsieur Hulot)
  • Maria Kimberly (Maria)
  • Marcel Fraval (le conducteur)
  • Honoré Bostel (Le directeur d’ALTRA)
  • François Maisongrosse (François)
  • TonyKnepper (le garagiste)

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