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La Belle Saison, un film fort et une histoire d’amour émouvante

La belle saison

La Belle Saison
De Catherine Corsini

Avec Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs

Date de sortie : 19 août 2015

Synopsis

1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies.

A propos du film

Catherine Corsini situe l’histoire de La Belle Saison au début des années 1970, époque où les premiers mouvements féministes se constituent en France. Féminisme et homosexualité sont alors étroitement liés et cette approche permet d’aborder nombre des sujets essentiels à cette époque tels que la contraception, l’avortement et l’identité sexuelle.

Dans un Paris, où l’ombre de mai 68 se devine au coin des rues, Delphine (Izïa Higelin), fille de paysan venant d’arriver dans la capitale, s’éprend de Carole (Cécile de France), professeur d’espagnol et activiste au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF). La force de la passion qui unie Delphine et Carole, s’impose rapidement à elles (et aux spectateurs) comme une évidence. Cette passion va rapidement être contrariée.

Lorsque Delphine apprend que son père est victime d’un AVC, elle décide de regagner sa campagne natale pour sauver la ferme familiale. Dès lors elle  se trouve écartelée entre son amour pour Carole et la culture rurale des années 70. Obligée de s’imposer fasse aux autres agriculteurs (tous des hommes) pour faire marcher la ferme familiale, elle a une peur panique que son homosexualité soit découverte.

Carole est-elle aussi confrontée à ses propres contradictions. Militante, elle revendique l’indépendance de la femme dans le couple qu’elle forme avec son petit-ami. Lorsqu’elle rencontre Delphine, elle devient incapable de se passer d’elle.

L’une des forces du film est de faire comprendre au spectateur qu’il est très difficile de juger chaque protagoniste. À leur manière, ils possèdent tous quelque chose de bon et paraissent réagir comme ils peuvent. La Belle Saison nous fait comprendre les angoisses que ressent Delphine face à son homosexualité, les raisons pour lesquelles sa mère ne peut accepter l’amour que sa fille éprouve pour Carole.

Il y a de la passion, de la tendresse, du réalisme et beaucoup de poésie dans La Belle Saison de Catherine Corsini. La réalisatrice opte pour une mise en scène qui exalte les corps et le naturel sans jamais tomber dans le voyeurisme – y compris lors des scènes de sexe -, qui se place au plus près des personnages sans que la caméra ne se fasse intrusive. Avec une grande justesse, elle filme la passion dévorante, qui remet tout en question.

La belle saison1

Un film porté par ses actrices

La performance de Cécile de France (Carole) et Izïa Higelin (Delphine) est incontestablement le point fort du film. Sans fards, brutes, sensuelles, émouvantes et naturelles, elles rayonnent et illuminent par leur présence. A la fois dure et touchante,  Noémie Lvovsky incarne une mère qui refuse de comprendre l’homosexualité de sa fille. Elle parvient à instiller suffisamment de nuances au personnage pour ne pas la rendre antipathique.  Kevin Azaïs (Les Combattants) est également très bon dans le rôle d’un jeune homme amoureux de Delphine.

La belle saison2

Des dialogues bien sentis, une alternance de scènes légères et de scènes dramatiques

Avec La Belle Saison, Catherine Corsini compose deux très beaux portraits de deux femmes, qui s’aiment malgré leurs milieux différents sans gommer leurs contradictions. La belle saison alterne des scènes dramatiques avec d’autres plus légères et pleines d’une vitalité heureuse comme celle où Carole invite Monique, la mère de Delphine à danser avec elle sur la chanson de Joe Dassin Tu me fais de l’électricité. Grâce à des dialogues bien sentis Catherine Corsini retranscrit la pensée de l’époque, notamment lorsque la question du salaire de la femme d’un propriétaire est évoquée, un fermier rétorquant avec un grand naturel : « C’est déjà bien qu’on les laisse piocher dedans » (le salaire du mari). De plus les choix musicaux  sont excellents. C’est un vrai plaisir d’entendre Janis Joplin et Joe Dassin sur la même BO.

La belle Saison est un film fort et émouvant. Vous lâcherez probablement quelques petites larme vers la fin du film qui est magnifique.

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