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Le Bouton de Nacre, un film où se mêlent poésie, l’eau, le cosmos et l’Histoire du Chili

Le bouton de nacre

Réalisé par Patricio Guzmán
Avec Patricio Guzmán (voix off)
Documentaire
Chili/France/Espagne, 2015, 1h22

Description

Le bouton de nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, près des côtes chiliennes aux paysages surnaturels de volcans, de montagnes et de glaciers. A travers leur histoire, nous entendons la parole des indigènes de Patagonie, celle des premiers navigateurs anglais et celle des prisonniers politiques. Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix.

Le bouton de nacre1

A propos du film

Documentariste à la longue carrière (commencée en 1965 avec Viva la libertad), Patricio Guzmán n’aura cesse de revenir dans son Chili natal et d’interroger les fondements du pays. Après La bataille du Chili, Le Cas Pinochet, Salvador Allende et Nostalgie de la lumière, il plonge avec Le Bouton de Nacre dans le passé enfoui de la Patagonie occidentale du Chili.

Après la Nostalgie de la lumière, Patricio Guzmán réalise un nouveau tout de force narratif. Une voix off, des images qui défilent, et à peine quelques intervenants, mais le tout porté par une imagination folle. Le film nous parle de l’eau, du cosmos, de l’extermination des nations indigènes de Patagonie, des massacres effectués par Pinochet.  La Patagonie est la région choisie par le réalisateur, l’eau le fil directeur du film. L’eau constitue la plus grande frontière de ce pays, l’eau est le lieu de naissance de la vie mais aussi un cimetière où reposent les corps torturés des sympathisants d’Allende. En intégrant  toute ces idées, Guzmán  arrive à former un ensemble cohérent, limpide et extraordinairement poétique. Le résultat est bluffant !

La présence de la mère donne au film une forme concrète et métaphorique.

La mère s’est avec elle que le réalisateur ouvre son film avec de merveilleuses images montrant les glaciers et les montagnes qui surplombent cette vaste étendue d’eau.

La mère c’est avec elle que vivaient en symbiose de nombreuses ethnies avant que le « chilien » vienne les opprimer. Des représentant des yagán et kawésqar (ethnies en voie de disparition) se rapèllent des souvenirs d’enfance, nous font traverser le cap Horn sur un minuscule radeau. Guzmán avec talent nous fait comprendre que l’époque ou l’homme vivait en harmonie avec les éléments naturelle est révolue.

Le bouton de nacre2

La présence de la mer, contenant des boutons appartenant à d’anciennes victimes du régime Pinochet, nous emmène dans les heures sombres de l’histoire du Chili.

Autre belle idée du réalisateur, la conception par l’artiste peintre Emma Malig, d’une carte complète du Chili de 15 mètres de long et le fait qu’on la déroule comme un document ancien, fragile conservé précieusement dans un musée. « On dirait un animal préhistorique de couleur ocre », raconte le réalisateur.

Bouton de Nacre 2

Comme dans « Nostalgie de la lumière » Guzmán continue de réinventer le documentaire. Il réconcilie la science et la poésie, bouleverse le spectateur en racontant l’histoire de son pays, filme à merveille les éléments naturels. 

Le bouton de nacre3

Un film aux multiples récompenses
Présenté en sélection au festival de Berlin 2015, le film en est reparti auréolé de l’Ours d’argent du scénario et du prix du Jury Oecuménique. Il a aussi récolté le prix du meilleur film au festival de Bologne en Italie et le Grand-Prix au festival de Basse-Silésie en Pologne.

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