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[Institut Lumière] Jeudi 3 décembre, Cinéma de Montagne avec la projection de Sur les cimes tout est calme

Dans le cadre du cycle Cinéma de Montagne, l’Institut Lumière, propose la projection de Sur les cimes tout est calme de Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi. La séance aura lieu jeudi 3 décembre à 19h00 et sera présentée. 

Les combats et la vie des soldats italiens et austro-hongrois dans les Alpes pendant la Première Guerre mondiale. Des images d’archives exhumées, travaillées et éclairées, par ce couple de cinéastes passionnant. Une approche cinématographique bouleversante et unique de la guerre et son absurdité.

Toutes les informations pratiques sur : www.institut-lumiere.org

« Archives à corps blessés. Un travail émouvant sur les images de la Grande Guerre. » Libération

les cimes

Sur les cimes tout est calme
Su tutte le vette è pace
de Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi
Italie, 1998, 72’, coul., mus. (Giovanna Marini), intertitres italiens stf.
Format d’origine et de projection : 16 mm

Synopsis
Les combats et la vie des soldats italiens et austro-hongrois dans les Alpes pendant la Première Guerre mondiale. Des images d’archives exhumées, travaillées et éclairées, par ce couple de cinéastes passionnant. Une approche cinématographique bouleversante et unique de la guerre et son absurdité.

A propos du film

Sur les cimes tout est calme prend son titre d’un poème de Goethe et ses images nous dévoilent la topographie d’un champ de bataille dans les montagne

Le film porte un autre regard sur la Première Guerre Mondiale et les combats absurdes dans les Alpes enneigées entre les soldats austro-hongrois et italiens. Les troupes apparaissent comme des ombres et des silhouettes, formes abstraites s’élançant dans le vide blanc teinté de rouge. Parfois seulement un visage, un geste ou un regard, détaillé par la « caméra analytique », donne à voir l’individu et ses affects.

Le chant de Giovanna Mariani, tiré d échanges épistolaires et de journaux de soldats, résonne comme un requiem. Dans la bande son, Giovanna Marini superpose de la musique aux paroles des soldats qui ne désirent que la fin du conflit.

sur les cimes tout est calme

« Dans Sur les cimes tout est calme, la bataille des glaces entre Italiens et Autrichiens durant la Première Guerre mondiale se transforme en montagne mise à l’épreuve : le paysage lui-même, les glaciers, les hommes, tous sont rongés dans leur intégrité même, comme s’il n’y avait nulle victoire possible, uniquement la défaite, puisque le support est devenu surface de mort, que les douleurs du monde sont inscrites par les offenses du temps. » Antoine De Baecque, « Réapparition de l’histoire », texte inédit paru dans Notre caméra analytique publié chez Post-Éditions, septembre 2015, sur le site internet du Centre Pompidou.

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« Un vent froid et exténué souffle sur le film, ne laissant rien qu’une fine pellicule de givre. Sommes-nous toujours vivants? Depuis longtemps déjà, il est devenu impossible de se détacher de cette durée. Le temps s’étire comme une boule molle, malléable. Le sol est entièrement recouvert de neige, sans horizon. Des formes qui s’apparentent à des soldats, fourmis d’un autre temps, se détachent. D’où sortent-ils? Que font-ils? Ils ne font rien. Ils taillent des tranchées dans la glace. Ils ne font rien. Péniblement, ils tentent d’avancer dans la boue et le blanc, depuis leurs gestes ralentis. Ils sont prisonniers du cinéma d’Angela Ricci Lucchi et de Yervant Gianikian.

Sur les cimes, tout est calme (beau vers de Goethe) est la nouvelle merveille de ce couple d’Italiens archivistes et, accessoirement, plus grands cinéastes de la planète, travaillant à partir de films nitrate (ancienne pellicule inflammable, véritable bombe atomique interdite depuis les années cinquante et qui hante désormais les couloirs de la mort des cinémathèques) teintés, puis refilmés au ralenti, avec une fascination marquée pour le corps du film, blessé par la décomposition. Ce nouveau projet est d’ores et déjà un de leurs plus beaux, un anti Full Metal Jacket. A partir de documents enneigés de la Première Guerre mondiale, ils chantent le spectre de la guerre, l’attente, l’absence, l’ennui, le manque, le froid, le combat qui ne vient pas, illustrés d’extraits du Journal de Musil et de lettres de soldats austro-hongrois et italiens. L’image au tamis neigeux, fastueux éclat d’or et de rouge ­ il s’agit moins d’un film que d’une boîte à bijoux ­ les fait défiler les uns après les autres, en état de grâce provisoire, suspendus entre la vie et la mort. Chaque photogramme est une balle. Une décomposition viendra, à tout moment, les absorber, les ensevelir, petites fictions noyées dans un tableau tachiste. La menace, aujourd’hui, est essentiellement chimique. Cinéma givré et beau, idéal. Tout est dissous, sur les cimes. »  Philipe Azoury pour Libération

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