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Dans ma tête un rond point, une plongée dans le plus grand abattoir d’Alger

Dans ma tête

Dans ma tête un rond point
D’Hassen Ferhani
Documentaire

Algérie/France/Qatar/Liban/Pays-Bas – 2015 – 1h40 min 

Sortie : 24 février 2016

FID Marseille, Grand prix de la compétition française

Synopsis

Dans le plus grand abattoir d’Alger, des hommes vivent et travaillent à huis-clos aux rythmes lancinants de leurs tâches et de leurs rêves. L’espoir, l’amertume, l’amour, le paradis et l’enfer, le football se racontent comme des mélodies de Chaabi et de Raï qui cadencent leur vie et leur monde.

« C’est au cœur d’une Algérie minée par le fléau du chômage, où la jeunesse traîne sa détresse existentielle dans l’attente d’une traversée vers la France ou d’une révolution positive, qu’Hassen Ferhani a posé sa caméra. Il a choisi en particulier le grand abattoir d’Alger, lieu emblématique d’une odeur fétide de mort, au sol maculé du sang d’animaux exécutés, qui servent autant de métaphore pour des vies humaines sacrifiées.
Loin d’un discours écolo sur le traitement du bétail (quelques scènes, à ce sujet, peuvent paraître difficiles), c’est l’humain qui concerne exclusivement le regard de sociologue de la caméra. Avec une approche naturaliste mais aussi esthétique, fort d’un point de vue contemplatif saisissant, Ferhani observe, écoute, différentes générations qui s’abîment, entre ces murs.  » Avoir Alire

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A propos du film

Hassen Ferhani nourrit cette idée de filmer les abattoirs d’Alger depuis plusieurs années. Lui-même vient d’un quartier qui se situe près des abattoirs. Un jour, il décida d’y entrer et a été saisi par son atmosphère. Via un documentaire, le metteur en scène a ainsi voulu retranscrire le potentiel humain et cinématographique du lieu. Après en avoir parlé au producteur Narimane Mari, Hassen Ferhani a commencé à filmer l’endroit sans argent et sans avoir fait de repérages.

Le tournage a duré deux mois, en avril et septembre. Entre temps, Hassen Ferhani a revu les rushs, trouvé les protagonistes, les lieux et la temporalité. Il explique : « Au final, cela ne fait que 60 heures de rushes, car il y avait des journées où l’on ne tournait pas, où on ne faisait que discuter. J’ai fait des rencontres au fur et à mesure. (…) Certains se sont embarqués très vite, comme Youssef et Houcine. Pour d’autres, ça a mis plus de temps, le temps de les connaître. »

Hassen Ferhani a cherché à montrer que même dans un lieu de carnage et de mort, on peut trouver de la poésie, de la musique et de l’amour. C’est ce qui l’a le plus interpelé dans les abattoirs et amené à faire ce documentaire. Ce n’étaient pas les bêtes et le rituel qui intéressaient le réalisateur mais plutôt la manière dont les hommes qui côtoient la mort développent leur imaginaire.

La couleur rouge, omniprésente à l’écran (dans les lumières, la peinture des murs de certaines pièces…), agit comme un liant entre le destin tragique des animaux et les aspirations des hommes qui les abattent. Elle évoque le sang, que l’on voit peu, mais aussi l’amour, l’un des grands sujets de conversation des personnages

Le titre du film, c’est un jeune ouvrier qui l’a inspiré au réalisateur. « Dans ma tête, dit-il, il y a un rond-point avec quatre-vingt-dix-neuf chemins. Mais je ne sais pas lequel prendre. » Et c’est comme si la phrase d’un seul homme venait soudain résumer le mal-être de tout un peuple.

Un premier film époustouflant, parfaitement maîtrisé.

Un film remarqué dans les festivals

  • Grand prix- FID Marseille 2015
  • Prix du public et prix Camira – Entrevues Belfort 2015
  • Tanit d’Or du meilleur documentaire, Tanit d’Or Tahar Chriâa de la première œuvre – Carthage 2015
  • Coup de coeur PCMMO

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L’avis de Marion Lary, cinéaste membre de l’ACID

« Dans ma tête un rond-point s’ouvre sous le double signe du cinéma et de la poésie. Un garçon qui actionne sur fond de murs sanglants une manivelle qui rappelle celles des caméras d’antan, un vieil homme qui évoque la mort, les anges et la fin de la vie, un cadre mis en perspective par une étroite fenêtre devant laquelle passent les uns et les autres, et nous voilà embarqués dans un projet ambitieux qui ne nous lâche pas en route. Fermement appuyé sur des plans rigoureux, soignés, une caméra toujours au bon endroit, un hors-champs évocateur et précis, Hassen Ferhani compte sur le cinéma pour nous immerger dans ce théâtre de vie et de mort que sont les abattoirs d’Alger. Seulement dans ce huis-clos, pas de spectacle de la cruauté, pas de décryptage des mécanismes du travail de la viande, pas de propos sur la souffrance animale. Ce qui intéresse le cinéaste ce sont les gens, ceux qui travaillent ou habitent les lieux, leur présence charnelle, leurs visages, ravinés, ou bien jeunes et lumineux. Figures chaque fois singulières, ils sont filmés dans leurs moments de pause, dans les interstices de leur quotidien prosaïque. Devant la caméra attentive, patiente d’Hassen Ferhani, chacun existe dans sa complexité, sa fragilité, son innocence. Les bêtes trépassent et les hommes parlent d’amour ou de Dieu, de métaphysique ou de religion, exprime ce qui le meut, son intimité singulière. Aussi brisés par la vie, pauvres, démunis quʼils soient, leurs paroles distillent une poésie profonde, presque philosophique. Ils sont pertinents, drôles, décalés, héros d’un quotidien difficile, avec si peu de perspectives. Ils nous en disent tant sur l’Algérie d’aujourd’hui, ses espoirs contrariés, ses conflits de générations, ses blocages.

Et en dernier ressort nous retournons au cinéma, à l’artifice illusoire de toute immersion dans le réel, avec cette ultime discussion sur le titre du film entre le réalisateur et l’un des personnages. La boucle est bouclée avec une maîtrise réjouissante. « 

C’est au cœur d’une Algérie minée par le fléau du chômage, où la jeunesse traîne sa détresse existentielle dans l’attente d’une traversée vers la France ou d’une révolution positive, qu’Hassen Ferhani a posé sa caméra. Il a choisi en particulier le grand abattoir d’Alger, lieu emblématique d’une odeur fétide de mort, au sol maculé du sang d’animaux exécutés, qui servent autant de métaphore pour des vies humaines sacrifiées.
Loin d’un discours écolo sur le traitement du bétail (quelques scènes, à ce sujet, peuvent paraître difficiles), c’est l’humain qui concerne exclusivement le regard de sociologue de la caméra. Avec une approche naturaliste mais aussi esthétique, fort d’un point de vue contemplatif saisissant, Ferhani observe, écoute, différentes générations qui s’abîment, entre ces murs.

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Hassen Ferhani

Hassen Ferhani est né à Alger en 1986. De 2003 à 2008, il co anime le ciné club de l’association chrysalide à Alger. En 2006, il réalise son premier film, un court-métrage de fiction « Les Baies d’Alger », sélectionné en compétition officielle par plusieurs festivals internationaux. En 2008, il participe à la formation d’été de la FEMIS et réalise dans ce cadre, un court documentaire “Le vol du 140”. Depuis 2009, il travaille comme assistant réalisateur tout en préparant ses projets personnels. Il co-réalise, en 2010, un film documentaire « Afric Hotel ». « Tarzan, Don Quichotte et nous » réalisé en 2013 à été présenté à Visions du Réel et au FID Marseille ainsi que dans plusieurs festivals internationaux. « Dans ma tête un rond-point » est son premier long métrage.

Filmographie

  • Tarzan, Don Quichotte et Nous, 2013
  • Afric Hôtel, 2010
  • Les Baies d’Alger, 2006

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