Séance Spéciale

No land’s song d’Ayat Najaf

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No Land’s Song d’Ayat Najaf
Avec : Ayat Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi, Elise Caron, Jeanne Cherhal
Documentaire

Allemagne / France, 2014, 1h31
Date de sortie 16 mars 2016

Synopsis

En Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n’ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes.
Une jeune compositrice, Sara Najafi, avec l’aide de trois artistes venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), va braver censure et tabous pour tenter d’organiser un concert de chanteuses solo.

Primé à Montréal, New York, Los Angeles, Leipzig, Budapest, Cracovie, Florence, Osnabrück, …

« Un film malin et courageux où l’hommage rendu aux voix féminines est d’une puissance aussi simple que bouleversante. » Première

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A propos du film

Sara Najafi a eu l’idée en 2009 de contourner la loi interdisant aux femmes de chanter sur scène devant un public composé d’hommes, en organisant un concert officiel de chanteuses filmé par son frère Ayat Najafi. C’est ainsi qu’est né No Land’s Song.

Sara Najafi est habituée à travailler avec la censure ; elle monte également des pièces de théâtre à Téhéran et s’attache dans son travail à composer avec les contraintes auxquelles elle est régulièrement confrontée pour mieux les déjouer. C’est pourquoi le concert qu’elle tente d’organiser doit être avalisé par les autorités iraniennes dans No Land’s Song.

Note du réalisateur

Ma sœur Sara fait de la musique depuis son plus jeune âge. Témoin de son combat quotidien pour étudier puis pratiquer son art (Sara est la première femme diplômée en composition d’Iran), j’ai pu mesurer l’ampleur des difficultés que rencontrent les femmes musiciennes dans mon pays. Avec ce film, je veux montrer l’absurdité du quotidien des jeunes musiciennes iraniennes. L’amour de la musique est la raison de vivre de Sara. Et le concert dont elle porte le projet durant plusieurs années à travers ce film devient un effort collectif pour voir un rêve devenir réalité.

Le rôle de la musique dans la vie politique et sociale de l’Iran au XXe siècle a toujours été crucial. À chaque période de notre histoire, la musique aura été le porte-voix des aspirations des Iraniens. Si nombre des chanteuses ont quitté l’Iran depuis la révolution, beaucoup d’entre elles vivent et travaillent encore ici. L’ironie veut que les filles soient beaucoup plus nombreuses que les garçons à fréquenter les écoles de musique. Mais pourquoi apprendre une discipline qu’elles n’auront pas le droit de pratiquer ensuite ?

Ce film suit pas à pas le processus d’organisation d’un concert à Téhéran, questionnant de front le système de la censure, face à la caméra. En terme de stratégie, nous avons opposé la détermination et la « fausse naïveté » de Sara aux interdits que nous rencontrions. Cela nous a permis de filmer et d’enregistrer (en caméra cachée) toutes ses démarches auprès des autorités, ses rencontres avec les représentants politiques et religieux, et d’éclairer la « logique » de la censure qu’impose le régime.

La ligne musicale du film a pour leitmotiv le chant traditionnel révolutionnaire Oiseau de l’aube (Morg-e Sahar) auquel Sara veut donner une voix nouvelle. Le film est un hommage à Qamar, celle qui le chanta la première fois. Artiste de légende en Iran, elle parvint dans les années 20 à briser les tabous de la société iranienne et à libérer la voix des femmes, la dépla- çant du domaine privé où elle restait confinée, au domaine public. C’est ce même combat que Sara et ses amies doivent mener à nouveau aujourd’hui. La résistance de Qamar a inspiré le défi que nous avons lancé entre 2011 et 2013 aux gouvernements d’Ahmadinejad puis de Rohani.

Le film est centré sur le personnage de Sara. Les artistes françaises qui se sont associées à son combat offrent un poignant contrepoint au point de vue des protagonistes iraniens : entre choc des cultures et solidarité artistique, le public vit ce voyage vers Téhéran à travers le regard d’Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi. Nous avons ici fait appel à trois artistes de générations et de mondes musicaux complémentaires, trois femmes engagées et ouvertes à d’autres univers. De plus en plus conscientes de la réalité vécue par leurs homologues en Iran alors qu’elles rejoignent enfin Sara à Téhéran, celles–ci participent activement au bras de fer de Sara avec les autorités, au côté des chanteuses iraniennes Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi. La seule arme de ces femmes : la musique et le chant, expression par excellence d’un corps féminin que ce régime n’a de cesse de combattre. À l’issue de notre aventure, une porte s’est ouverte pour la voix des femmes, le temps d’une soirée, le 19 septembre 2013, à l’opéra de Téhéran : mais qu’en sera-t-il demain ?

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