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[Critique] Premier contact (Arrivals)

Amy Adams as Louise Banks in ARRIVAL by Paramount Pictures

Le cinéma de science fiction est en pleine forme depuis quelques années, et l’on assiste actuellement au retour de ses plus grands mythes avec  Star Wars VII, Rogue One, Alien Covenant, Blade Runner 2. A côté de la SF à grand spectacle qui est basée sur des grands récits d’aventure, le genre à toujours su faire place à des films qui cherchent davantage à questionner l’homme, les civilisations et la technologie. C’est dans cette optique que se situe le huitième film de Denis Villeneuve, qui raconte l’arrivée de vaisseaux extraterrestres sur terre, et les difficultés rencontrées par les hommes pour communiquer avec eux, dans le but de comprendre leurs intentions.  Cette « invasion » ne débouche sur aucune violence, mais plutôt sur une totale incertitude puisque rien ne sort de ces objets volants, qui restent immobiles, en lévitation en divers endroits de la planète.

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Le scénario se base ainsi sur le même concept que celui de District 9 de Neill Blomkamp  avec des extraterrestres qui arrivent en Afrique du Sud en laissant leur vaisseau figé dans le ciel pendant des années au dessus d’une ville, ce qui occasionnera des problèmes politiques. Mais ici aucune créature ne débarque au sol, et l’armée doit s’organiser pour établir un contact. On fait alors appel à une linguiste pour étudier leur système de communication. Tout le propos du film est alors de montrer de quelle manière on peut décortiquer un langage qui ne repose pas sur les mêmes codes que celui des humains. C’est donc avant tout un film scientifique, qui utilise le prétexte d’une invasion extra-terrestre pour s’intéresser aux modes de communication entre les civilisations, de la même manière que Seul sur Mars utilise  le prétexte de l’exploration de cette planète pour étudier les problèmes de la survie et de l’exploration spatiale. Il s’interprète donc comme une métaphore sur les difficultés du dialogue diplomatique entre les peuples et les nations, qui peuvent conduire à l’escalade des tensions géopolitiques qui conduisent aux guerres.

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Denis Villeneuve n’est pas, à l’origine, un réalisateur tourné vers le blockbuster ou le film fantastique, comme un JJ.Abrahms (Mission Impossible 3, Super 8, Star Trek) à qui il était tout naturel de confier la reprise de Star Wars. Il pourrait le devenir après avoir hérité de la suite de Blade Runner, mais son parcours s’apparente davantage à celui de Jeff Nichols (Shotgun Stories, Take Shelter, Mud), véritable auteur qui a développé une œuvre personnelle suffisamment forte pour lui permettre d’aborder la science-fiction, avec Midnight Special, en se la réappropriant conformément à ses propres thématiques. Villeneuve entreprend lui aussi le genre après avoir bâti une filmographie très singulière qui impose un style visuel et narratif très fort et que l’on retrouve immédiatement dans Arrivals. Ses longs travellings aériens font apparaitre de majestueuses villes et paysages pour poser le décor, avec une musique lourde et grave qui les accompagne, créant une atmosphère mystérieuse et inquiétante. C’est de la même manière que nous étaient présentées la ville canadienne d’Enemy et les villes mexicaines de Sicario. A côté de cela, la thématique du trouble de l’identité, qui perturbait déjà le personnage principal d’Enemy, revient à nouveau ici en étant davantage orientée vers les problèmes de la perception temporelle de l’héroïne et des extraterrestres.

Amy Adams as Louise Banks in ARRIVAL by Paramount Pictures

Le film laisse alors percevoir plusieurs influences. Tout d’abord celle de Christopher Nolan, on pense à Memento et surtout Interstellar, pour son style mais aussi pour son évocation de l’idée de faille temporelle entre les planètes. Ensuite à la Guerre des Mondes de Spielberg pour l’apparence des extraterrestres qui ressemblent aux Tripodes, et aux sons très angoissant qu’ils produisent, annonçant ainsi le danger. C’est enfin à Terrence Malick qu’il semble rendre hommage lors des scènes de « flash-back » mélancoliques dans la nature.

Premier Contact est un  superbe film, grâce à sa photographie très soigné et sa musique qui forgent une ambiance unique au service d’un bon récit qui joue sur plusieurs registres. Denis Villeneuve réalise un nouveau grand film, s’affirmant de plus en plus comme l’un des plus importants cinéastes de sa génération. Sa capacité à s’adapter aux codes de la SF, tout en préservant son originalité propre, rassure sur son aptitude à relever l’immense défi dont il a hérité, le futur Blade Runner 2.

Dav Chappat



premier-contact-visuel4-3eeebInformation

• Titre  : Premier contact (Arrivals)
• Réalisation : Denis Villeneuve
• Acteurs principaux :  Forest Whitaker, Jeremy Renner, Amy Adams
• Pays : USA
• Sortie :  7 décembre 2016
• Durée : 1h56 min
• Festival : Mostra de Venise 2016

 


 

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