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Django, un artiste au coeur d’une période tourmentée de l’Histoire

Django d’Etienne Comar
Avec Reda Kateb, Cécile de France
France, 2017,  1h55

Date de sortie : Mercredi 26 avril 2017

Sélection à la Berlinale 2017, présenté en ouverture du festival

Synopsis

En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale…
 Le portrait d’un artiste au coeur d’une période tourmentée de l’Histoire
Avec Django, Etienne Comar connu comme producteur et scénariste (notamment Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois) signe son premier film. La vie de Django Reinhardt n’a jamais été portée à l’écran, si ce n’est Accords et désaccords (1999) dans lequel Woody Allen rend hommage à la musique de Django.

Etienne Comar ne voulait pas faire un biopic de Django en survolant toute sa vie, mais souhaitait se concentrer sur une période précise . Il a choisit les années 1943-1945, car elles permettent de saisir le questionnement, les contradictions, l’évolution  d’un artiste dans une période tourmentée de l’histoire.

Au début du film, Django ne se sent pas trop concerné par cette guerre qui pour lui est une histoire de gadjé, de non-Tziganes. Il veut simplement faire ce qu’il aime, jouer de la musique. Il est en pleine gloire et compose ses plus grands succès populaires : Nuages, Swing 42, Les yeux noirs, Douce ambiance ou Mélodie au crépuscule. Puis il comprend qu’il doit prendre partie : les nazis sont en train de déporter et de massacrer les Tziganes, ils lui imposent des règles stupides pour les concerts (pas d’improvisation de plus de cinq secondes, interdiction de danser pendant les concerts, pas de blues …), ils veulent l’obliger à donner des concerts en Allemagne. Devant les cachets alléchants proposés par les officiers Allemands pour se produire en Allemagne,  Django hésite puis refuse et décide de s’enfuir à Thonon-les-Bains afin de pouvoir regagner la Suisse.

Comme Picasso et bien d’autres artistes, pratiquer son art est pour Django un moyen de résister. Il compose  le Requiem pour mes frères tzigane en mémoire des Tsiganes tués par les nazis joué une seule fois à l’Institut des jeunes aveugles à Paris, à la Libération. Cette  œuvre quasiment perdue de Django Reinhardt, réécrite pour le film par Warren Ellis (le compagnon de route de Nick Cave, compositeur de la musique de Mustang notamment), constitue le point d’orgue, le moment le plus émouvant du film

Pour dresser le portrait de l’acteur, Etienne Comar part de faits réels : la passion de Django pour la pêche, son attente à Thonon-les-Bains, la soirée à Amphion , l’évasion en Suisse, la composition du requiem. Mais la manière dont-il  tisse ces éléments relève de la fiction. Par exemple, Django a bien jouer à Amphion  pour les officiers allemands, mais les autres éléments de la scènes relèvent de la fiction.

Un film porté par de magnifiques personnages   

Reda Kateb est impressionnant de présence, de charisme. Pour se glisser dans la peau de Django, Reda Kateb (Un prophète d’Audiard) s’est préparé pendant un an. Ecouter en boucle la musique de Django, jouer de la guitare, apprendre quelques phrases de manouche lui ont permis d’appréhender le personnage du mythique musicien. Reda Kateb ne cherche à aucun moment à ressembler à Django, à l’imiter, il le ressent, et cela fonctionne. Dès qu’il enfile le costume de scène du musicien, nous sommes persuadés d’avoir Django présent devant nos yeux. Belle performance d’acteur !

Django, est entouré de personnages tous interprétés avec justesse.

Negros, la mère de Django est l’un des personnages forts du film. Elle est jouée par Bimbam Merstein, une tsigane qui avait tenu un petit rôle dans Swing de Tony Gatlif mais qui n’est pas actrice. Comme la mêre de Reinhardt, elle est musicienne et danseuse  et possède une force de caractère, une personnalité incroyable. Le réalisateur précise qu’elle était parfois bouleversée car le film lui rappelait des choses qu’elle a avait vécues.

Louise, la maîtresse campée par Cécile de France lumineuse mais aussi fragile, n’a pas existé en tant que telle dans la vie de Django. Pour Etienne Comar, elle représente ces femmes de l’intelligentsia artistique parisienne de l’entre-deux guerres qui adulaient Django et qui l’ont entraîné, lui le gars de la rue, dans le monde de l’avant-garde artistique de l’époque.

En dehors de Reda Kateb, tous les personnages  manouches du film appartiennent à la communauté tzigane.  Un casting a été effectué auprès d’une communauté manouche de Forbach. Ce choix donne un véritable accent de vérité, de sincérité au film, en particulier lors des scènes tournées dans le campement manouche à Thonon.

Les séquences musicales, des moments clés du film 

Trois belles séquences musicales ponctuent le film et servent de fil conducteur à l’évolution du personnage de Django. Au début, 7′ d’un concert de Django et son Quintet du Hot Club de France aux Folies Bergères, permettent de découvrir un personnage en pleine gloire, peut préoccupé par une guerre qu’il estime ne pas être la sienne.  Plus tard, lors de la soirée à Amphion, Django, qui est  en attente de rejoindre clandestinement la Suisse et a pris conscience de la gravité de la situation, utilise sa musique et son talent pour « ensorceller » les allemands. A la fin du film, le Django qui dirige le Requiem pour mes frères tzigane, est un artiste aux yeux ouverts sur le monde, et qui se sert de son  art pour rendre  hommage à son peuple victime des atrocités de la guerre. Un peu à l’image de Picasso réalisant Guernica !

Le Rosenberg Trio a été sollicité par Etienne Comar pour enregistrer tous les titres joués par le personnage de Django dans le film. Christophe Lartilleux, un guitariste français de jazz manouche fondateur du groupe Latcho Drom, s’est quant à lui chargé de doubler Reda Kateb pour les gros plans sur la main.

Tournage en Rhône-Alpes
Le film a été tourné en 2016 en Savoie (Aix-les-Bains, Le Châtelard et Montcel) et Haute-Savoie (Talloires, Taninges, Féternes, Bernex, Thonon-les-Bains, Neuvecelle et Lugrin).

Distribution

Reda Kateb (Django Reinhardt)
Cécile de France (Louise de Clerk)
Beata Palya (Naguine Reinhardt)
Bimbam Merstein (Negros Reinhardt)
Gabriel Mirété (La Plume)
Vincent Frade (Tam Tam)
Johnny Montreuil (Joseph Reinhardt)
Raphaël Dever (Vola)
Patrick Mille (Charles Delaunay)
Xavier Beauvois (médecin STO)

 

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