Séance Spéciale

[Rendez-vous du documentaire] au Lumière Bellecour – Mardi 9 mai – National Gallery

Les Rendez-vous du Documentaire ont lieu chaque semaine au  cinéma Lumière Bellecour.

Mardi 9 mai  à 18h30, à l’affiche National Gallery du grand documentariste Frederick Wiseman.

A 84 ans, Frederick Wiseman signe un magnifique documentaire tourné pendant les expositions temporaires de 2011-2012 sur Titien et De Vinci.


Séance présentée par Pauline De Boever.


Toutes les informations pratiques sur www.cinemas-lumiere.com

National Gallery1
National Gallery
Réalisé par Frederick Wiseman
Documentaire
USA/France/GB, 2014, 2h53
Date de sortie : 8 octobre 2014

Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2014.

DESCRIPTION
National Gallery s’immerge dans le musée londonien et propose un voyage au cœur de cette institution peuplée de chefs d’œuvre de la peinture occidentale du Moyen-âge au XIXe siècle. C’est le portrait d’un lieu, de son fonctionnement, de son rapport au monde, de ses agents, son public, et ses tableaux. Dans un perpétuel et vertigineux jeu de miroirs, le cinéma regarde la peinture, et la peinture regarde le cinéma.

A PROPOS DU FILM
Après La Danse, le ballet de l’Opéra de Paris (2009), Crazy horse (2011), At Berkeley (2013)», Frederick Wiseman nous propose de nouveau une exploration de l’une des plus grandes institutions mondiales, National Gallery. A 84 ans, Frederick Wiseman signe un magnifique documentaire tourné pendant les expositions temporaires de 2011-2012 sur Titien et De Vinci.

National Gallery est l’un des plus grands musées du monde. Il possède quelque 2 400 chefs-d’œuvre peints entre le 13ième siècle et la fin du 19ième siècle dont  « Le Dernier Voyage Du Téméraire » de J.M.William Turner. Situé au cœur de la capitale anglaise, créé en 1824, le musée est devenu l’un des « Incontournables » de Londres.  Il accueille un public allant du  retraité au néo-punk avide de culture en passant par les tous jeunes visiteurs et les touristes. L’accès gratuit  aux collections et aux animations est l’un des éléments expliquant cet engouement.

Par le prisme d’une caméra discrète nous nous promenons dans les différentes salles, traversons les murs pour comprendre l’envers du décor. Ainsi le lustre du parquet participe à la mise en beauté tout autant que le travail des restaurateurs, conférenciers, administratifs, commissaires d’exposition.

Frederick Wiseman montre en permanence l’incroyable savoir des permanents du musée – merveilleuse séquence sur la restauration d’un Rembrandt ! Les tableaux sur lesquels le film s’attarde, du Titien à Poussin, via Rubens ou Turner, en sortent magnifiés.

Par exemple, citons la découverte du travail passionnant des conférenciers britanniques. Une conférencière fait vivre de manière incroyablement vivante les tableaux qu’elle décrit, sans asséner un savoir qu’elle possède évidemment sur le bout des doigts. « Je voudrais que vous imaginiez que vous êtes à l’intérieur de cette église, celle-là même où ce triptyque était placé. Vous n’êtes plus à la National Gallery, mais dans l’église, vous regardez ce tableau à la lueur des cierges. Vous ne savez ni lire ni écrire. C’est l’an 1377. Vos maisons sont brûlantes en été, glaciales en hiver. La mort fait partie du quotidien… A la lueur vacillante des cierges, vous pourriez croire que ces figures bougent. Et donc, qu’elles sont réelles, qu’elles entendent vos prières et intercèdent pour vous auprès du Christ et de la Vierge. Le tableau serait donc un canal sacramentel entre la terre et le Ciel. »

Le film passionne  parce qu’il laisse voir la stratégie, le fonctionnement du musée. Notons, une  scène de conseil d’administration où une femme blonde ‘idée qu’il faut sans cesse amener la peinture vers le public moins cultivé d’aujourd’hui, tandis que l’administrateur défend sa volonté d’expo pointues, risquées, quitte à ce que les entrées stagnent. Intéressante, les échanges entre les membres du personnels lors qu’ils apprennent que le Marathon de Londres va arriver juste  devant The National Gallery. Faut-il saisir l’occasion pour mettre un coup de projecteur sur le musée en affichant de la publicité pour une association caritative sur les murs du musée ? Ainsi, est posée la question de plus en plus prégnante de la marchandisation de l’art et des musées.

Nous apprenons aussi que c’est grâce aux bénéfices de la traite des esclaves, que les collections du musée ont pu être constituées au 19ème.

Mais plus que tout, National Gallery est  intéressant pour la façon dont Wiseman filme les tableaux S’affranchissant du cadre qui peut être un obstacle entre le visiteur et l’œuvre, qui du moins limite et dirige sa vision, la caméra du documentariste américain recentre, zoome sur des détails, changeant notre regard sur des œuvres mondialement connues. Il n’hésite pas à faire le lien avec d’autres arts, en filmant dans le musée un concerto pour piano ou un ballet.

Pour réaliser ce puzzle géant et en image qu’est National Gallery, il a fallu environ douze semaines de tournage, pendant lesquelles le cinéaste passait la globalité de sa journée au sein du musée. Les journées étaient bien chargées, car Wiseman souhaitait filmer le musée avant son ouverture, une fois la nuit tombée, et une fois les visiteurs partis. C’est au total 170 heure de rushes qui furent filmées et examinées au montage.

National Gallery

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