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[Classique en plein air] Mardi 13 juin – La chasse au lion à l’arc de Jean Rouch – Lyon 7ème

Le collectif Météorites présente en plein air et en péllicule, La chasse au lion à l’arc, l’un des films les plus connus de Jean Rouch.

 Mardi 13 juin à 21h00 à l’ancien club bouliste, 27 Madeleine (27 rue de la Madeleine, 69007 Lyon)


La chasse au lion à l’arc de Jean Rouch
Documentaire, France-Niger, 1967, 1h28

Dans les contrées reculées du Niger, « au pays de nulle part », les bergers Peuls estiment que le lion est essentiel à la vie de leurs troupeaux. Mais parfois, le lion va trop loin, c’est un lion tueur. C’est alors qu’interviennent les chasseurs Songhaï, les seuls qui, traditionnellement, ont le droit de tuer le lion, selon une chasse à l’arc très ritualisée. Entre conte et document ethnographique, Jean Rouch construit son film comme une fable qu’il adresserait à deux enfants, sur le rapport de l’homme au monde sauvage.

Les films de Jean Rouch, archives uniques sur l’Afrique, petits bijoux pour les cinéphiles, sont aussi des contes qui mettent en scène des histoires toutes simples – la chasse, le voyage, l’amour et la mort, l’apprentissage et l’amitié – à la portée universelle. 

 
A propos du film
Ouvert comme un conte, La Chasse au lion à l’arc de Jean Rouch conserve cette hybridité rouchienne qui mêle l’ethnographie à la narration du cinéma. Le cinéaste s’attèle cette fois-ci à la description et à l’immortalisation par l’image d’une tradition ancestrale de la chasse au lion  à  l’arc. En traduisant en synchronisation les paroles des chasseurs, Rouch rend plus probant le direct de son cinéma. Bien que sa voix assure seule la narration, il parvient à donner une impression de polyphonie, en reprenant les expressions locales et en traduisant des fragments de chants, de louanges ou de prières. La proximité des acteurs et la courte durée des plans font de la réalisation une excellente mise au présent du temps du film.

Le travail documentaire de Jean Rouch est aussi impressionnant. De 1957 à 1962, Rouch et ses assistants ont suivi les campagnes de chasse du groupe de Gow du village de Yatakala, conduits par le chef des chasseurs Tahirou Koro.

Nous découvrons une coutume de chasse en voie de disparition, dans un village situé aux confins du Mali et du Niger. Les autochtones élèvent des troupeaux dans la brousse où, curieusement, bovins et lions font bon ménage. Parfois, les lions « rompent le pacte » en attaquant le troupeau. C’est alors que la chasse au lion est décidée. Elle se pratique à l’arc, et tous les quatre ans. Les chasseurs fabriquent eux-mêmes leurs arcs et leurs flèches dont la pointe est empoisonnée. Rites, danses, incantations président à la préparation du poison appelé « Boto ». On exorcise les maléfices, on pose des pièges. L’animal pris à l’un de ces pièges est tiré à bout portant, tandis que les chasseurs chantent les louanges de la bête, qui sera égorgée pour que son « âme » ne soit pas malfaisante et que sa viande soit comestible. Rentrés au village, les chasseurs content à leurs enfants leurs exploits. Exploits qui, bientôt, deviendront une légende.

 Récompenses
Le film obtient le Lion d’or au Festival de Venise de 1965.
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