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Que Dios nos perdonne, un polar sombre et palpitant !

Que Dios nos perdonne
De Rodrigo Sorogoyen
Avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Perera, Luis Zahera 
Espagne, 2017, 2h07

Date de sortie : 9 août 2017

Prix du meilleur scénario à Saint-Sébastien en 2016, et celui  du prix Sang Neuf à Beaune en 2017

Synopsis

Sous la chaleur étouffante du ciel madrilène, un tueur en série s’attaque aux vieilles dames. L’enquête de deux policiers va être compliquée par la visite du pape Benoît XVI dans la capitale espagnole.

 

Roberto Alamo (à g.) et Antonio de la Torre forment un duo de policiers improbable, mais redoutablement efficaces.

A propos

Après La isla minima et La colère d’un homme patient, Que Dios Nos Perdone est un nouveau thriller espagnol original, complexe, et trés réaliste.

Efficace et étouffant, ce thriller est centré sur deux policiers à la personalité complèxe. L’un Velarde, taciturne, bègue, souffre de gros problèmes avec les femmes, mais est aussi trés intuitif et minutieux (il est surnomé Le Géni). L’autre Alfaro est hyper susceptible, baggarreur  mais très réactif et volontaire. Ces deux personnages borderline doivent affronter au cours de leur traque du serial Killer, leurs plus grands ennemis : eux-mêmes.  Antonio de la Torre (Balada Triste, La Isla Minima, La colère d’un homme patient) , et Roberto Álamo (La piel que habito)  interprètent avec une grande justesse respectivement les rôles de  Velarde et Alfaro.

Que Dios Nos Perdone se déroule à Madrid en août 2011, au moment des manifestations sur la place de La Puerta del Sol et de la visite du Pape dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse. La visite du Pape attendue par des fervents catholiques, une partie de la population contre cette venue, et la police au milieu, sont un cadre parfait  pour cette histoire autour d’un tueur commettant des actes atroces mais que la police ne peut ébruiter afin de ne pas amplifier la polémique autour du séjour du Pape.

C’est pour retranscrire au mieux le chaos de l’été 2011 à Madrid que Rodrigo Sorogoyen  utilise le format scope en caméra à l’épaule pendant la première heure du film. Madrid et sa chaleur estivale sont très présentes. Les scènes de poursuites dans la ville, caméra à l’épaule et musique obsédante, traduisent bien l’atmosphère étouffante du film. A cela s’ajoute le contexte politico-religieux lié à la visite papale et à l’importance de l’église dans le pays.

Si la  première partie du film est centrée sur les deux policiers, dans la seconde partie le serial killer entre vraiment en scène. Alors, le réalisateur opte pour une image beaucoup plus stylisée, au travers de scènes dérangeantes : peinture des scènes de crime, chorégraphie de la mise à mort d’une vieille dame. Il fait entrer le spectateur dans la tête des trois personnages principaux.  La violence est présente partout. Elle n’est pas seulement réservée au serial killer, mais aussi aux policiers.  L’un d’entre eux n’hésite pas à passer à tabac un collègue au risque de lui faire perdre la vue, l’autre malmene la femme désirée. Le réalisateur insiste sur le  rapport ambivalent que chacun d’entre nous a avec la violence qui engendre à la fois fascination et répulsion.

Ce polar sombre et palpitant bouscule le spectateur, le met à mal à l’aise, le tient en haleine. 

Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen

Rodrigo Sorogoyen est né à Madrid en 1981. Depuis 2008, il a réalisé des séries pour la télévision et deux longs métrages : 8 citas (2008) et Stockholm (2013). Que dios nos perdonne a obtenu le prix du meilleur scénario à Saint-Sébastien en 2016, et celui  du prix Sang Neuf à Beaune 2017

 

 

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